(69) RhôneHot Club

24/09/2020 – Le Jazz Samouraïs Trio au Hot Club de Lyon

Retour au Hot Club de Lyon pour voir un concert d’un trio dont le nom d’ordinaire semblerait inadéquat. En effet pourquoi ce Jazz Samouraïs Trio si ce n’est que pour promouvoir avec une ardeur guerrière le jazz indémodable ?

En ces temps d’incertitudes il est bon de retrouver trois cadors fédérés par Patrick Maradan pour non pas rejouer mais réinterpréter des standards intemporels.

 

On parle de cadors il y a de quoi : Wilhelm Coppey est au piano et Marc Michel aux baguettes. Un trio de samouraïs .

Dans la salle une vingtaine de warriors masqués ont résolument combattu les a priori du moment et sont venus prendre un bon shoot de jazz. Merci à eux!

Le trio a décidé ce soir de nous jouer un répertoire consacré aux grands pianistes du « mainstream » … et nous allons être gâtés .

J’arrive (en retard) sur Dance of the infidels de Bud Powell. Ambiance bien bop comme on s’y attendait avec ces trois lascars.

Ojos De Rojo Cedar Walton qui fut l’un des membres éminents des Jazz Messengers de Blakey. Du latin à souhait avec à la clef un magnifique et roboratif solo de Marc Michel.

Ruby my dear de Monk une de ses plus belles ballades et qui sous les doigts de Wilhelm prend une tournure savoureuse, tendre et acidulée.

Blues on the corner du regretté McCoy Tyner clôt le premier set qui a filé très vite.

 

Reprise avec The Jody Grind d’Horace Silver, groovy à fond.

Hackensack de Monk, titre qui reprend le nom de la ville où se situait le studio du célèbre ingénieur du son Rudy Van Gelder.

Tricotism d’Oscar Pettiford un morceau de contrebassiste qui a été immortalisé par le trio d’Oscar Peterson et qui reste un morceau de bravoure de tout apprenti contrebassiste de jazz.

Retour à de la ballade avec Moonlight in Vermont dans la version d’Ahmad Jamal, une grosse sensibilité et au passage un merveilleux chorus de Patrick Maradan.

Final sur un autre morceau de Cedar Walton, Bolivia.

Rappel amplement mérité sur un tube de Gershwin, Embraceable You, encore un thème groovy alors qu’on l’attendait sur un mode soft. Wilhelm ne peut s’empêcher avec sa malice coutumière de glisser quelques citations qui font sourire ses acolytes.

Ont collaboré à cette chronique :

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