(38) IsèreGrenoble-Alpes-Métropole Jazz Festival

02/10/2020 – Jean-Marie Machado « Majakka Project » au Grenoble Alpes Métropole Jazz Festival à la Rampe

Des silhouettes masquées courbées sous le vent et le déluge, sont entrées dans la salle de concert de la Rampe à Echirolles. La tristesse et les gestes barrière les attendaient.

Il a fallu que la voix douce de Jean-Marie Machado émerge de  cette obscurité pour qu’une chaleur commence à monter dans les rangs clairsemés.

Comme il le dit lui-même, c’est le « phare », le « Majakka » en finnois, la lumière qui l’a guidé tout au long de son parcours de musicien, pour arriver à ce nouveau projet le Majakka Project, dans lequel il revisite les mélodies qu’il a écrites sous le prisme de la lumière, de la clarté, de l’aube.

Pour accompagner Jean-Marie Machado, talentueux et expérimenté pianiste d’inspirations multiples, trois musiciens également talentueux et qui, comme lui, ont un parcours riche et varié : le violoncelliste  Vincent Segal, le percussionniste Keyvan Chemirani et le saxophoniste JeanCharles Richard.

Ces musiciens complices et très sympathiques nous ont ainsi emmenés sur un chemin de douceur, racontant des histoires d’ailleurs. Celles, par exemple, du poète Fernando Pessoa, pour lesquelles le son cristallin du piano, les sonorités orientales du saxophone et la répétitivité des percussions, parvenaient à traduire cette saudade, ce sentiment mêlé de mélancolie, de nostalgie et d’espoir.

Pour raconter ces histoires, les instruments semblent toujours dialoguer ou converser, se donnant la « parole » avec délicatesse, bonne humeur et inventivité, comme lorsque Keyvan Chemirani a empoigné son Zarb (percussion utilisée dans la musique persane) avec virtuosité et y a joint des sons étranges avec sa voix.

Visiter tous les univers de Jean-Marie Machado, qu’ils soient bretonnant, lunaire, dansant, gai, métaphysique, d’inspiration sri-lankaise, ou autre, fut un voyage réconfortant, grâce à la combinaison des  quatre musiciens

Et lorsque à la fin du concert ils nous ont offert une nouvelle pièce tout en douceur Otra terra (avec tous les significations que ça représentent) nous n’avions qu’un envie c’est d’aller vers cette autre terre !

Et derrière les masques, le sourire était sûrement sur toutes les lèvres

Quelques titres : Les pierres noires, Lune dans la lumière, Galop impuls, La mer des pluies, Les yeux de Tangati, Crosando el cielo, et bien sûr Otra terra.

Ont collaboré à cette chronique :

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