(69) RhôneLe Périscope

02/10/2020 – Polymorphie au Périscope

On aimerait bien que la vie ait repris son court normal et aller au concert le cœur léger. Bonne nouvelle, c’est bien soirée concert au Périscope aujourd’hui, après une si longue période de disette, mais la distanciation physique et le port du masque obligatoire tempèrent un peu notre enthousiasme.

Chic ! Polymorphie présente sur scène son troisième album « Claire Vénus »  le jour de sa sortie. Moi qui l’ai beaucoup écouté en avant première (voir ma chronique le concernant) j’avais hâte de sentir « en vrai » l’énergie dégagée sur l’album.

De l’énergie et du talent il y en a revendre sur scène ce soir, avec trente spectateurs au plus en face, mais j’ai toujours un sentiment de gêne dans ces cas là : tant d’efforts et tant de qualité sur scène pour seulement  quelques « happy few ».

La contrainte pour présenter  un concept-album sur scène, c’est de respecter la chronologie dudit album. Ainsi le concert commence par Louise  sur un poème de Louise Labbé, Claire Vénus et fini par Jean sur un poème de  Jean de Sponde « Il est vrai que mon amour… » tout comme l’album. Le groupe déroule alors l’intégralité du disque mais la scène amplifie tout: les énergies, les émotions, la créativité …heureusement.

Ce qui frappe en les découvrant sur scène c’est la « rock attitude ».
Pour Damien Cluzel à la guitare, c’est plus naturel encore qu’il reste lui, plutôt discret.
Le plus étonnant, c’est pour le duo trombone et saxophone baryton  respectivement pilotés par Simon Girard et Romain Dugelay (également  compositeur) qui s’éclatent et déploient leur folle énergie.

Léo Dumont à la batterie fait feu de tout bois avec beaucoup de créativité pour enflammer le tout et encourager ses camarades.

Et puis Marine Pellegrini au chant et aux textes (certains n’étant pas chantés) apporte la poésie et l’émotion voulues pour ce projet.
L’album  a pour thème l’amour : aussi telle Aphrodite, sa déesse , elle nous fait vivre toutes les émotions du parcours d’un amour passionnel.
Tantôt elle est Henri (Miller) tantôt Anaïs (Nin) quand elle lit leur correspondance amoureuse et tumultueuse,  et puis elle est Pablo, Anna, Louis, Paul…
Au delà de la chanteuse,  elle nous dévoile ses talents  de comédienne. Je l’ai trouvé particulière émouvante dans l’interprétation qu’elle a fait du magnifique poème de Paul Eluard  » Ma morte vivante » (Paul sur le disque), en quasi transe, c’est sa propre rupture qu’elle revit. Çà doit être ça le talent d’actrice.   

 » …Mes yeux se sont séparés de tes yeux
Ils perdent leur confiance ils perdent leur lumière
Ma bouche s’est séparée de ta bouche
Ma bouche s’est séparée du plaisir
Et du sens de l’amour et du sens de la vie
Mes mains se sont séparées de tes mains
Mes mains laissent tout échapper
Mes pieds se sont séparés de tes pieds
Ils n’avanceront plus il n’y a plus de route… »

Il est presque 22 heures,  l’heure du couvre feu pour les bars approche,  on redescend sur Terre, on réajuste son masque, la parenthèse enchantée est trop vite passée.

L’album est disponible désormais sur les plateformes de streaming : Foncez! 

Ont collaboré à cette chronique :

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