(38) IsèreGrenoble-Alpes-Métropole Jazz Festival

09/10/2020 -Théâtre musical Nina Lisa à l’Espace Jargot pour le Grenoble Alpes Métropole Jazz Festival

Une mère et sa fille, des histoires de vie qui s’entremêlent ; des souffrances, des obsessions qui s’entrechoquent ; un apaisement au bout du chemin.

A l’ombre de la figure tutélaire de Nina Simone, sa fille Lisa a dû se construire et ce ne fût pas sans mal. C’est ce parcours que raconte Nina Lisa, ce soir à la salle Jargot de Crolles, dans le cadre du Grenoble Alpes Métropole Jazz Festival. Cette pièce musicale, mise en scène par Thomas Prédour est fortement inspirée de la biographie de Nina Simone « Love me or Leave me », écrite par Mathilde Hirsch et Florence Noiville.

 

Dans une maison qui semble inhabitée, une jeune femme vient s’installer. Cette maison est celle où sa mère s’est retirée. Commence alors un dialogue imaginaire chanté, dansé, parlé entre les deux femmes. Isnelle da Silveira interprète Nina Simone, Dyna est Lisa. Toutes les deux, chanteuses, danseuses et comédiennes ont donné corps avec justesse à ces deux personnages ; elles sont accompagnées par le pianiste belge de talent Charles Loos.

 

Nina se raconte : enfant prodige, rêvant d’être musicienne classique, travaillant d’arrache-pied pour y parvenir, mais recalée en final parce que noire ! Confrontée très tôt au racisme, elle s’engagera avec force et sans concession dans la défense des Droits civiques et s’attachera à ses racines africaines.

Lisa répond : solitude, abandon, manque d’amour maternel, violence, engagement dans l’armée.

Au récit se mêlent les chants et les danses. Isnelle donne sa voix grave et profonde à Nina. Elle prend de la place, elle crie, elle revendique. Dyna comme une liane métisse, tient la note avec chaleur et fermeté. Elles revisitent magnifiquement les grands classiques de Nina : I loves you Porgy, Mississipi Gaddam, Why?, The king is dead, Be young gifted and black, I got life.

 

La force de ce spectacle est de l’intégrer à l’actualité en mettant en avant le mouvement Black Lives Matters, prouvant ainsi que rien n’a changé.

 

Elles auraient pu se dire tout ça. Nina aurait pu encourager sa fille dans son désir de devenir chanteuse de jazz. Nina, musicienne exceptionnelle et personnalité hors du commun, souffrait d’une maladie psychiatrique, qui a rendu toute relation difficile voir impossible.

Mais au fond, elles s’aimaient.

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