(26) DrômeLux

13/10/2020 – Mieko Miyazaki & Franck Wolf « Dankin » au Lux à Valence

Un pari sur nos habitudes, un pari sur le déplacement sans arrachement, un pari sur l’ouverture de nos oreilles c’est un voyage. 

Nous sommes transportés par la convivialité de la musique, nous sommes accueillis par le son chaud du saxophoniste Franck Wolf, par les glissements  dans les frémissements soutenus des plis soulignés du koto de la japonaise Mieko Miyazaki.

« Cette formation sans précédent, nous donne l’alibi de jouer toutes sortes de musiques » (1)

Les morceaux issus de reprises se placent dans la fragile position du « ne plus et du pas encore », ainsi la manière dont ils jouent Avec le temps de Léo Ferré nous permet de poursuivre l’écoute de la voix absente. 

Le saxophone nous emporte aux justes instants du trouble qui tremble, le rythme est une pose, les percussions mélodiques nous font savourer la tendresse, ils jouent de John Coltrane Lonnie’s Lament.

Ils écrivent l’un pour l’autre, et Franck Wolf avec une précision admirative nous propulse dans un autre jazz, comme il y en a tant, ouvrant nos oreilles d’une expressivité nouvelle. 

Leurs compositions sont une inclusion dans le langage musical de l’autre, les sonorités s’épousent dans l’alliance de la différence. Nanamieko de Franck Wolf marque la dynamique du koto, Hurin Bell de Mieko Miyazaki souligne l’ampleur chaleureuse du saxophone.

La finesse de ce concert mélodique à l’épreuve de l’agencement des notes, nous emmène au cœur d’un roman, le choix des mots dépend autant de leur valeur sonore que de leur sens, la beauté du tranquille équilibre nous est transmise.

(1) dit Franck Wolf

Ont collaboré à cette chronique :

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