(42) LoireRhinoJazz(s)

13/10/2020 – Umlaut Big Band au théâtre de La Renaissance pour le Rhinojazz(s)

Le Rhino Jazz(s) fait escale dans ma ville natale… Aller au concert à pied… Pas de pluie… Tout cela s’annonce sous les meilleurs auspices… Retrouver des visages (certes masqués) qu’on n’avait pas vus depuis l’hiver dernier ne se refuse pas…

 

Ils sont venus, ils sont tous là ! Les quatorze musiciens de l’Umlaut Big Band prennent place sur la scène du théâtre de La Renaissance. Sous la houlette (en jazz, le chef n’a pas de baguette !) du saxophoniste alto Pierre-Antoine Badaroux, Antonin-Tri Hoang (alto et clarinette), Geoffroy Gesser, Pierre Borel (ténors et clarinettes), Benjamin Dousteyssier (alto et baryton), Brice PichardLouis LaurainGabriel Levasseur (trompettes), Robinson KhouryMichaël Ballue  (trombones), Romain Vuillemin (guitare et présentations distanciées), Matthieu Naulleau (piano), Sébastien Beliah (contrebasse) et Antonin Gerbal (batterie) ont décidé de s’assortir à leurs partitions et leurs pupitres, chemises blanches et costumes, cravates ou nœuds pap’ noirs.  

L’orchestre nous a préparé Fourbi, un concert qui commence avec le très contemporain Unsicht du compositeur allemand Axel Dörner. S’ensuit le pur old swing de Cyclops du New-Yorkais Eddie Sauter et de Chant of the Weed de Don Redman auquel le big band a consacré un album en 2018 : « The King of Bungle Bar ». On reste dans l’entre-deux guerres avec le trépidant Whiteman Stomp de Fletcher Henderson. Le swing plus chaloupé de Frantic Atlantic nous ramène au répertoire de Don Redman avant que Fifth Dimension ne remette en lumière la pianiste Mary Lou Williams. Tout en douceur, Mod Indigo de Duke Ellington caresse nos tympans. C’est le chaloupé Lyonia, écrit par Tadd Dameron en 1949 lors de son passage au pays de Guignol, qui vient flatter notre chauvinisme. Un surprenant Patchwork de l’orchestre de Duke Ellington enchaîne avec brio les ambiances les plus diverses en un minimum de temps. Pour White Heat de Jimmy Lunceford le big band doit passer la surmultipliée. Fruit d’une collaboration active avec le Berlinois Alexander Von Schlippenbach, Wüstenschiff nous ramène à un jazz plus actuel. Le classique Falling Stomps précède une pièce plus destructurée Medium : the Death of Long John Silver de Pierre Borel.

En premier rappel, puisé dans l’album consacré à Don Redman, Milenberg Joys de Jelly Roll Morton nous ramène au bon vieux temps du swing en noir et blanc ! Arrivés au bout des partitions du jour, les quatorze compères reprennent Cyclops.

Le répertoire proposé ce soir a permis de nous rappeler que le big band est une formule exigeante où chacun est au service du collectif, que la rigueur n’exclut ni le plaisir du jeu ni les délices de l’improvisation… On  a même entendu chanter ces messieurs endimanchés  ! Le concert fut aussi ponctué de quelques « One more ! » du « chef » qui choisissait çà et là d’en rajouter quelques mesures.

Réussissant brillamment le grand écart entre tradition et modernité, l’Umlaut Big Band sait sortir des sentiers battus et des thèmes rebattus jusqu’à plus soif pour oser un répertoire essentiellement composé de découvertes abolissant toute temporalité pour lui préférer un goût d’éternité…

Ont collaboré à cette chronique :

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