(69) RhôneHot Club

17/10/2020 – Mantovani Neto Trio au Hot Club de Lyon

La diaspora des jazzmen brésiliens à Lyon après Ewerton, Zaza, Marcel et d’autres s’enrichit d’une nouvelle perle avec Mantovani Neto, pianiste originaire de São Paulo. Avant de se fixer dans la capitale des Gaules il a fait un passage au Centre des Musiques Didier Lockwood. Ce soir il joue pour la première fois au Hot Club de Lyon et en ressent une certaine émotion. La réputation du club n’étant plus à faire de l’autre côté de l’Atlantique. C’est tout naturellement qu’il a monté son trio avec Marcel Bottaro à la contrebasse et l’incontournable Zaza Desidierio à la batterie.

Première soirée du couvre-feu, le concert débute à 18h30 pour permettre au public de retrouver ses foyers avant l’heure fatidique de 21h00. Un peu plus de vingt personnes ont pris le risque immense de venir déguster de la musique en live. Et ils ont bien fait.

Le trio a décidé de rejouer des standards du répertoire brésilien (pas forcément dans les genres samba ou bossa).
On entendra des morceaux de Vinicius de Moares (Samba em Préludio) ici avec des accents légèrement cubains ; d’Ermeto Pascoal (Bebê) où Marcel Bottaro nous livrera son premier chorus de contrebasse, décidément un musicien avec lequel il faudra compter à l’avenir ; de Cesar Camargo Mariano (Samambaia) ; La seule composition du concert s’appelle opportunément Samba em Lyon (L’école de management devrait la prendre comme hymne). On finit le set sur Kathy de Moacir Santos.

Le second set reprend sur Loro d’Egberto Gismonti interprété avec une grande vivacité au clavier où Marcel ne laisse pas sa part au chat. Ce morceau faisait déjà partie du répertoire de Dreisam où Zaza officiait aux baguettes.

 On continue avec une reprise de Dom Salvador, célèbre pianiste brésilien installé à New York,  Meu Fraco é Café Forte, un morceau qui comme son nom l’indique est très intense ; un morceau peu connu d’ Antonio Carlos Jobim, il en fallait bien un, Radamés y Pelé pour terminer ce concert trop court. Contraintes horaires obligent. Même pas de rappel !

Cela paraît évident, mais quel bonheur de se retrouver, en dépit d’un contexte liberticide, dans le caveau du Hot pour écouter des musiciens qui rayonnent en jouant leur musique. Un magnifique moment de partage.

Ont collaboré à cette chronique :

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