(38) IsèreLes Détours de Babel

07/10/2021 – Rabih Abou-Khalil Trio aux Détours de Babel

Rares sont les concerts où, au bout du premier morceau, le public éclate de rire !

C’est sans compter sur l’humour deuxième degré de Rabih Abou-Khalil.

Qui peut résister à une présentation des musiciens aussi décalée que celle-ci : Jarrod Cagwin aux percussions, un Américain, ancien espion s’étant caché dans une usine à Vienne en Autriche après être tombé amoureux d’une communiste japonaise, et Luciano Biondini qui n’a aucun mérite à jouer de l’accordéon, puisque les touches sont peintes en noir et blanc et qu’il suffit de taper n’importe où !

Durant tout le concert, Rabih a fait rire le public, mais pas que.

Ce musicien, d’origine libanaise et vivant en Allemagne, est un spécialiste du oud qu’il transcende grâce aux rencontres créatives qu’il a faites, aux terres inconnues qu’il a explorées, et qui permettent de qualifier sa musique de jazz oriental.

Son langage original est fait de musique arabe et d’improvisations de jazz.

Pour servir sa musique tout en énergie, douceur et fluidité, Rabih s’entoure de vieux complices.  Jarrod Cagwin, donc, à la tête d’une batterie impressionnante augmentée de percussions multiples, fait corps avec ses instruments. En complète empathie avec les notes, il vit et vibre avec elles.

Le jeu de l’accordéon de Luciano Biondini apporte poésie et lyrisme, ajoutant ainsi une touche de méditerranée.

Les morceaux joués ce soir sont essentiellement tirés de leur dernier album The flood and the fate of the fish. Rabih les présente à chaque fois avec humour, parfois grinçant comme  La fermière des poulets, histoire d’une Suisse tombée amoureuse d’un éleveur de poulets et qui pense qu’il vaut mieux tuer des poulets que des arabes !

Et ainsi de suite : Si tu me quittes, il faut que j’en trouve une autre et c’est beaucoup de travail !

La gamme de rythmes, de swings de ce compositeur est immense et il sait nous transporter d’un horizon à l’autre, comme dans Vlad composé dans le château de Dracula, aux accents balkaniques !

Vous l’avez compris, nous avons bien rigolé, mais surtout nous avons savouré cette musique qui réunit l’Orient et l’Occident.

Ont collaboré à cette chronique :

X