(69) RhôneSaint-Fons Jazz

21/01/2021 – Amphitryo au Saint Fons Jazz

Le Saint Fons Jazz 22ème édition a été annulé en totalité … sauf deux concerts, celui d’Amphitryo devant les scolaires. Fort étonnamment l’Inspection d’Académie a autorisé ces deux représentations pour le plus grand plaisir des enfants, de leurs maitres et maitresses et aussi beaucoup des musiciens et techniciens.

C’est donc avec un protocole strict que les classes sont conduites dans la salle du théâtre Jean Marais.Tout le monde est masqué et est passé par la friction au gel hydroalcoolique. Norbert Gelsumini, directeur du festival et de l’école de musique de la ville accueille chaleureusement ce jeune public et cède vite la place à la musique.

Pierre Baldy-Moulinier à l’initiative de ce projet récent (deux ans et demi) explique au public très attentif qu’il s’est inspiré des mythologies et principalement de la grecque pour composer les morceaux de ce trio et essentiellement d’Homère (L’Iliade et L’Odyssée) et qu’ils ont sorti leur premier CD en avril 2020 « Le cheval de Troie » (voir la chronique de Christian Ferreboeuf et l’entretien avec Pierre Baldy-Moulinier par Michel Martelli).

Une écriture originale qui alterne des pièces très courtes et des morceaux plus construits.

Le concert débute  par Les Menades une danse en l’honneur de Dyonisos.

 

La marche du Minotaure monstre mi-homme, mi-taureau est un morceau très court qui évoque la déambulation de celui-ci.

L’étalon d’Achille un jeu de mot prétexte à une pièce énergique qui démarre très free avant de se structurer. Les musiciens ont dévalisé leur marchand de musique et alternent les instruments.

Pas moins de quatre saxophones et une clarinette basse pour Sylvain Félix.

Trombone, tuba, trompette, bugle … et l’indispensable flûte à bec pour Pierre Baldy-Moulinier.

Quant à Nicolas Frache il n’est venu « qu’avec » deux guitares (électrique et acoustique), une basse électrique, des amplis et quelques effets à ses pieds.

On poursuit avec Astreos, titan associé à un dieu du vent où Pierre bruite avec son trombone et sa sourdine et Nicolas avec une poche en plastique.

Le cheval de Troie qui a donné le nom à l’album est une mélodie toute en douceur qui laisse place à de chouettes chorus de part et d’autre.

On reste en Grèce mais on quitte Homère pour évoquer le mathématicien et philosophe Pythagore, Les séries de Pythagore une pièce enlevée et très brève qui donne à aimer les maths.

Final dansant et swinguant, une nouvelle composition créée ici, La volvation du Hérisson, les têtes dodelinent en rythme sur les sièges et quelques doigts claquent maladroitement.

Après ce court set (retour à l’école oblige) les musiciens donnent la parole à la salle et les bras se lèvent très nombreux :

  • Comment êtes-vous devenu musiciens ? Et l’on apprend que pour Nicolas et Sylvain c’est en regardant le Club Dorothée et ses musiciens.
  • C’est quoi le bout de bois que vous mettez dans la bouche ? Une anche pour créer une vibration qui fera un son.
  • C’est quoi les trucs sur lesquels vous marchez ? Des pédales d’effet (Delay, Reverb, …).
  • Ça fait quoi de jouer devant tout le monde ? Que du bonheur.
  • Ils sont fabriqués en quoi vos instruments ? Ça dépend : en métal, en bois
  • Est-ce que vous êtes connus ? Oui, déjà de vous !
  • Quand le Covid sera parti vous referez des concert ? On l’espère
  • Est-ce que vous aimez danser en jouant ? Oui quand ça swingue
  • Cela vous est déjà arrivé de faire des erreurs en jouant ? Oui mais on essaie de ne pas le montrer.

Et plein d’autres questions d’une fraîcheur déconcertante.

 

Ont collaboré à cette chronique :

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