(69) Rhône

05/02/2021 – Michel Fernandez Quartet au Tooptee Studio

Vous avez été près d’une centaine à voir cette « jolie » image sur Youtube qui annonçait la proximité du concert du Michel Fernandez Quartet en live streaming et surtout à encaisser l’horrible musique qui « illustrait » l’image d’interlude. Une facétie de Pierre Baudinat, patron du studio qui hébergeait le concert. 

L’enregistrement de ce concert en live streaming se déroule au Tooptee Studio chez Pierre Baudinat, donc. Endroit bien connu des jazzmen rhônalpins où maints disques ont été enregistrés*.

 

Ce soir on retrouve Michel Fernandez et son quartet de tueurs à savoir Benoît Thévenot au piano, Nicolas Serret à la batterie et bien sûr François Gallix à la contrebasse. L’équipe est soudée avec de nombreux concerts à son actif et déjà deux disques en deux ans.

 

Le studio porte bien son nom « Tooptee », impossible d’y rester pour assister au concert. Je suis obligé de prendre des photos avec le fish eye (grand angle) si je veut voir tout le monde dans le cadre. C’est donc en régie, à l’étage que je me régalerai de la performance. Cela me permet d’apprécier le travail d’homme orchestre de Pierre Baudinat qui gère les vingt-quatre pistes son, les douze caméras et jongle avec tout ces boutons. Un autre artiste.

Michel Fernandez annonce qu’il vont jouer des morceaux issus de leur dernier disque « Sans frontière » (voir la chronique de Gérard Brunel), quelques nouveautés et un standard.

 

Cela commence par l’énergique La forêt de Bougaraboo, vous savez en Zambie là où a été inventé le djembé. Un premier morceau très enlevé.

Suit La danse des indociles (rien à voir avec Bob Morane, calembour pourri proposé par François Gallix), une ballade qui laisse un champ très large au piano.

Le sax ténor se lâche pour lancer Pharo un hommage à Pharoa Sanders. Un nouveau morceau à leur répertoire. Ici Michel est parfaitement dans son jus.

Elzéard, (en référence à la nouvelle de Jean Giono L’Homme qui plantait des arbres, parue en 1953) une ballade en trois temps de Nicolas Serret où Benoît Thévenot introduit le morceau avec délicatesse suivit par Michel au soprano. Un morceau d’une grande finesse chargée d’émotions.

No fixed border nous ramène dans le rythme soutenu avec un joli solo de Nicola Serret, et toujours Michel au soprano. A noter une entame par un solo de contrebasse à l’archet. François est surprenant d’aisance alors qu’on ne le voit guère avec cet accessoire.

Soledad, un morceau également issu du dernier CD .

Arrive le standard du set I want to talk about you, langoureux à souhait.

For Bobby Few, ce dernier morceau vient d’être composé en hommage à ce pianiste récemment disparu et qui avait beaucoup œuvré pour le free-jazz. Un morceau jubilatoire aux sonorités africaines qui clôt ce trop court concert.

En dépit de l’exiguïté des lieux et des cabines qui les séparaient, les quatre musiciens ont fait montre d’un formidable appétit de « jouer ensemble » tout au long du set. Il suffisait de voir leur banane à l’issue de leur prestation pour comprendre une fois encore combien ces occasions et le public leur manquent.

Pour voir le concert en différé c’est ici.

*: quelques formations passées ici : Magnetic Orchestra ; Michel Fernandez Quartet ; Earz Quintet ; Eric Teruel Jazz Trio ; Mad Train de Zaza Desiderio ; Gaspard Baradel Quartet etc…

Ont collaboré à cette chronique :

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