(42) LoireLe Solar

20/05/2021 – Rémy Poulakis & Damien Sabatier au Solar

Après plusieurs concerts confidentiels dont seuls les membres de l’association Gaga Jazz* purent être spectateurs au cours de ces temps troublés de confinements-déconfinements successifs, Le Solar ouvre enfin ses portes au public à Saint-Etienne, au rez-de-chaussée de La Comète en lieu et place de l’ancienne Comédie. Au cours des derniers mois, quelques musiciens locaux ou plus largement rhônalpins sont en effet venus essuyer les plâtres, le temps d’une jam session, d’une répétition ou d’une captation. A l’occasion du Jazz Day, Le Solar accueillait en livestream le très chouette projet du batteur Zaza Desiderio, avec Rémi Ploton au claviers et Michel Molines à la contrebassiste (voir ici). Ce soir, Damien Sabatier (saxophones) et Rémy Poulakis (accordéon / voix), membres de la compagnie à géométrie variable Impérial, sont bel et bien les tout premiers musiciens à se produire en public dans le club stéphanois, certes en jauge très réduite, mais c’est suffisant pour y voir un signe encourageant. Nous échangeons quelques mots avec Damien.

 

Niko Rodamel : Dans quelles circonstances as-tu rencontré Rémy qui évolue également dans le milieu de l’opéra ?

Damien Sabatier : Nous nous sommes rencontrés en 2009 au sein du projet d’Étienne Roche, Le Grand Bal Des Cousins. J’ai tout de suite eu envie de présenter Rémy à mes camarades d’Impérial, c’est comme ça qu’Impérial Orphéon a débuté.

N. R. : Comment cette idée de duo est-elle née ?

D.S. : Cela fait plus de dix ans que l’on partage des aventures musicales assez folles avec Impérial Orphéon. On y développe une musique assez collective, puis par moment on ressent des affinités musicales avec tel ou tel musicien en se disant que ce serait chouette de creuser la piste. Le plus souvent ça ne se fait pas, faute de temps. Mais on apprend des thèmes qu’on écoute ensemble, qu’on s’amuse à jouer dans les loges, aux balances, etc., en se disant que ce serait bien de faire un duo, un jour. Donc l’envie de se retrouver à deux existent depuis longtemps, il fallait simplement trouver le moment. L’occasion d’avoir un temps de résidence soutenu par Jazz(s)RA à travers le dispositif « Impulse! » était la bonne excuse pour s’y mettre !

N. R. : Combien de temps avez-vous travaillé lors de cette résidence ?

D.S. : « Nous avons pris quatre jours ensemble, du lundi au jeudi, avec cette présentation publique le dernier jour. Autant dire un petit marathon pour une première ! Quatre jours pour déchiffrer des morceaux que nous n’avions jamais joué ensemble, les arranger et leur trouver une couleur qui soit nôtre. Tout en se posant sans cesse la question de comment faire sonner cette musique à deux, sans les repères dont nous avons tellement l’habitude avec nos camarades d’Impérial Orphéon.

 

N. R. : Que penses-tu de cette première expérience au Solar ?

D.S. : Très heureux de découvrir le club car c’est toujours excitant de venir travailler dans une nouvelle salle dédiée aux musiques que nous défendons. Pour nous l’enjeu était de savoir comment faire sonner le duo de façon acoustique, sans sonorisation. Nous avons donc été très sensibles à l’acoustique de la salle, cherchant sans cesse des solutions pour parvenir à un équilibre naturel. Mais c’est aussi au centre du travail du duo : être au service de l’autre en permanence pour faire sonner la voix, l’accordéon et le saxophone à chaque instant. Cette première résidence nous aura d’ailleurs montré le chemin qu’il reste encore à parcourir !

 

N. R. : Vous avez livré quelques morceaux très techniques, parfois vertigineux, et l’on a pu t’entendre à la clarinette contralto. Peux-tu nous rappeler la setlist de ce soir ?

D.S. : Nous avons interprété April de Lennie Tristano, Averse de Médard Ferrero et Azure de Duke Ellington. Nous avons également joué cinq de mes compositions : À Ceci PrèsNocturne, Saint-Alexandre, Plus près de toi mon vieux et Rouge Bâton.

 

*: la sympathique association qui promeut le jazz à Saint-Etienne et qui conduit les destinées du nouveau club Le Solar

Ont collaboré à cette chronique :

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