(69) RhôneHot Club

22/05/2021 – Jean-Paul Hervé Quintet « Ligne B » au Hot Club de Lyon

Retour rue Lanterne sur la Presqu’île pour des retrouvailles avec le Hot Club de Lyon (la dernière fois pour moi c’était en mars pour un concert filmé).

Une jauge très réduite, même pas une vingtaine de personnes dans le public. Qu’importe, l’inoxydable Gérard Vidon (Président d’honneur du lieu) est là avec sa gouaille du Bugey pour présenter le concert. Rien n’a changé !

Jean-Paul Hervé est visiblement ému : « Après un an et demi de confinement on se retrouve en famille ». Effectivement tout le monde connaît tout le monde ici.

Durant ce confinement, la plateforme Jazz(s)RA a développé le projet « Impulse » qui permet les croisements et les rencontres entre musiciens.

Ce soir le projet « Ligne B » a invité le jeune saxophoniste Gaspard Baradel. Après deux jours de résidence, les voici donc tous les six sur la scène du Hot Club.

« Ligne B » est né du foisonnement des bruits de ladite ligne qui emmène régulièrement Jean-Paul Hervé à la gare de la Part-Dieu.

Des captations du métro, des gares, des gens émaillent les morceaux. Des prétextes à amorcer des créations toutes plus pêchues les unes que les autres.

Les trois premier morceaux s’inscrivent dans un continuum  : Ouverture des portesAu fil des stations et Heure de pointe. Les morceaux sont âpres et rugueux. L’usage du métro n’est pas une promenade bucolique.

L’alarme, des bruits, ici nous arrivons Place Guichard. Les cymbales  crissantes viennent habilement compléter l’univers. Une boucle d’alarme se répète à l’infini. La guitare se pose et l’orchestre embraye enfin au calme, et c’est le trio de base (guitare, batterie, basse) qui nous emmène. Une fois apaisée, la guitare de Jean-Paul Hervé se fait mélodieuse et créative.

Perdu dans les couloirs revient à du lourd et tonique.

Le morceau suivant est présenté comme une énigme, une situation qui peut survenir dans le métro, Vous descendez ? … nous restons.

Sur Pas à pas Le batteur Hervé Humbert est à la manœuvre durant tout le morceau, tout aux baguettes, bien vives. Ses collègues ponctuent.

Le périple emprunte des Correspondances et cela permet à Gaspard Baradel de nous faire entendre un solo de son cru, parfaitement mené. Puis le groupe nous propulse dans un fatras sonore qu’on aurait envie d’appeler « le métro dans l’espace » avant de revenir sur terre. Il s’agissait de MétroElectro.

Le set aura duré une heure quinze, c’est court mais le couvre feu nous oblige à vite regagner nos pénates. Ainsi chacun avait à cœur de nous faire revivre ce projet découvert en janvier 2019 au Saint-Fons Jazz (voir ici) trop peu donné (forcément) et qui prend une dimension nouvelle avec la participation qui est loin d’être anecdotique de Gaspard Baradel. Un projet toujours aussi original et fort où le rock n’est jamais loin.

Raphaël Poly: basse , programmation ; Hervé Humbert: batterie ; Fred Roudet: trompette, bugle ; Loïc Bachevillier: trombone ; Jean-Paul Hervé: guitare + invité : Gaspard Baradel: saxophones soprano et alto

Ont collaboré à cette chronique :

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