(38) IsèreJazz Club de Grenoble

03/06/2021 – Marcel Loeffler & Gilles Coquard au Jazz Club de Grenoble

J’ai remis de l’encre dans mon stylo.

J’ai aiguisé mes oreilles et mes yeux.

J’ai retrouvé mon siège et mes amis du Jazz Club de Grenoble.

 

Après une année de « trêve forcée », quoi de mieux que de recommencer ma vie de chroniqueuse avec un duo de musiciens amis : Marcel Loeffler et Gilles Coquard.

Entre l’accordéoniste et le guitariste, la complicité est évidente. Ils se connaissent depuis très longtemps, tous deux originaires d’Alsace, et leur bonne humeur est contagieuse.

Marier ces deux  instruments étonne. Et pourtant quel panache ! La guitare basse électrique conçue et réalisée pour Gilles, est un modèle unique à la sonorité puissante. Quant à l’accordéon au phrasé aérien, il apporte la souplesse, la fluidité, la légèreté complémentaires.

L’accordéon de Marcel n’est pas seulement au service des grands standards. Certes  nous avons valsé au rythme de Gus Viseur et de sa flambée Montalbanaise, swingué gaiement avec Django Reinhardt et son What kind of friends, mais pas que ; car ils ont tous les deux cette capacité à nous offrir des horizons musicaux différents.

Les Grelots de Michel Petrucciani, ou le standard de jazz CTA dont on ne connaît pas l’origine, sont repris avec cet accent jazzy que la basse dynamique sert généreusement. Le tout avec une bonne dose d’improvisation, de limpidité.

Explorant toujours d’autres univers, ils nous offrent une magnifique reprise de Remark you made de Joe Zawinul et Weather Report, toute en douceur et lyrisme. Ou pour rester fidèle à ses origines manouches, Marcel laisse ses doigts galoper sur les touches de son accordéon avec Latcho dires.

Enfin, Marcel se saisit de son Accordina, petit instrument étonnant entre l’harmonica et l’accordéon fabriqué par Monsieur Borel dans les années 50, pour terminer ce concert en douceur avec Three views of secret de Jaco Pastorius

Le dernier mot revient à Marcel Loeffler qui, avec générosité, a remercié le public car « nous sans vous, on est rien »

Et nous, sans les artistes, qui sommes nous  ?

Ont collaboré à cette chronique :

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