(38) IsèreJazz à Vienne

22/06/2021- Vernissage de l’exposition « Palimpsestes » à Vienne

Le festival Jazz à Vienne a bien lieu cette année 2021, et le festival démarre enfin !

Bien sûr avec des conditions particulières, un protocole sanitaire et des gestes barrières. Cette version est réduite de nombreux lieux dont les scènes de Cybèle. En cheminant dans Vienne pour remonter en direction du Théâtre Antique on retrouve les terrasses. Tout d’abord le long du cours Marc-Antoine Brillier puis le long du cours Romestang. C’est au numéro 47 de ce dernier que vous pourrez faire une belle découverte en passant le porche du Grand Hôtel de la Poste pour accéder à la cour intérieure. Celle-ci accueille l’exposition Palimpsestes de Daniel Peyreplane et François Robin. Vous connaissez déjà ces deux artistes qui collaborent aux chroniques de Jazz-rhone-alpes.com, le premier avec un objectif et le deuxième avec des crayons et pinceaux.

 

Cette exposition est la deuxième édition de leurs œuvres communes, ils avaient fait la première en 2019 dans une galerie du centre-ville de Vienne. L’exposition porte bien son nom, le Palimpseste est un parchemin dont on a effacé la première écriture pour pouvoir écrire un nouveau texte. Cela donne l’impression que les concerts se superposent et s’effacent au fil des éditions. Lorsque l’on découvre les œuvres de notre duo d’artistes on est tout d’abord saisi par un visuel inhabituel. On a l’impression d’être face à un paradoxe, deux matières différentes mais qui s’harmonisent, se mélangent et se superposent. Et pour cause, les œuvres regroupent les photos de Daniel Peyreplane et les dessins de François Robin d’un même concert de Vienne. Ainsi on a parfois l’effet d’un miroir entre le dessin et la photo et parfois l’effet d’un reflet entre la photo et le dessin. On retrouve cette impression avec le portrait d’Herbie Hancock dessiné qui fait face au portrait du pianiste photographié. Les artistes mêlent des angles de vue similaires ou différents qui donnent vie et mouvement à leurs tableaux musicaux. C’est le cas de l’œuvre où on a l’impression que les silhouettes de Marcus Miller dessinées et photographiées dansent ensemble. Il y a également ce portrait dessiné d’Angélique Kidjo qui semble flotter au-dessus de la scène du Théâtre Antique photographiée lors du concert avec en point de fuite le soleil couchant sur les collines.

 

Mais comment ces deux artistes ont pu créer ce mode d’expression à partir de leurs œuvres respectives ? Daniel Peyreplane nous confie qu’en 2019 il a l’occasion de l’opportunité d’exposer en ville, il a convié son ami à se joindre à lui. Mais il trouvait que ce n’était pas suffisant ni assez original d’exposer des photos et des dessins séparément même s’il s’agit d’un même concert. C’est François Robin qui en observant les photos et les dessins s’est aperçu qu’ils étaient superposables pour donner vie à une nouvelle création. A la manière des chercheurs scientifiques qui sont parfois aidés par le hasard, c’est la sérendipité qui a aidé les artistes dans leur recherche d’harmonie visuelle. On définit ce mot d’origine anglaise par le don de faire par hasard des découvertes fructueuses. Du parchemin des moines du Moyen-âge dont on a effacé la première écriture pour pouvoir écrire un nouveau texte aux découvertes fructueuses grâce au hasard, quel chemin pour redécouvrir d’un nouvel œil, Jazz à Vienne !

 

L’exposition est ouverte durant l’été les jeudi et vendredi de 17h30 à 19h00 et le samedi de 11h00 à 13h00 et de 16h30 à 19h00 au Grand Hôtel de la Poste 47, cours Romestang à Vienne. Les œuvres des artistes sont disponibles à la vente ainsi que le deuxième recueil de dessins de François Robin.

Ont collaboré à cette chronique :

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