(69) RhôneHot Club

25/06/2021 – Benoît Convert Trio « The last but not the least » au Hot Club de Lyon

Lors des annonces de présentation des musiciens, la formule est devenue célèbre : « The last but not the least » … Dernier concert d’une saison singulière inédite, le Hot Club de Lyon a presque retrouvé ses habitudes avec un horaire qui n’est pas celui de l’apéritif, un public un peu masqué et un bar. Mais aussi un trio de belle envergure, Benoît Convert on le sait est l’un des guitaristes originaux qu’il convient d’écouter avec une grande attention. Si c’est en gone que nous l’avons découvert, il est depuis un voyageur demandé, de « ses doigts de l’homme » à Dan Gharibian, il sait tout de la guitare et pas seulement de cette guitare manouche qui n’a pour lui plus de secret.
C’est son trio, son répertoire, ses arrangements. Je pense assurément que lorsque l’on se permet de donner les standards intemporels du jazz il faut que la relecture soit à la hauteur sous risque de ne pas intéresser son auditoire. L’Invitation de Bronislav Kaper est l’un des thèmes que j’affectionne tout particulièrement, je collectionne tous les disques où il est joué ; pour cet antipasti je ne l’avais pas vu venir… Benoît commence par un long moment en solo, accords, traits de virtuosités, rien ne me parle véritablement, ils sont désormais trois le thème devient évident. Pour cette soirée Benoît Convert a choisi ses complices, Christophe Lincontang joue la contrebasse, on sait sa pertinence dans le choix de ses notes et ses talents d’improvisateur, c’est sur un registre grave et groove qu’il accompagne ce soir et Zaza Desiderio donne pour cette occasion dans le style sec et multiple « new yorkais » particulièrement adapté au répertoire du soir.

Cette play-list est riche de découvertes, il est évident que Benoît écoute beaucoup ses confrères, les joue et participe ainsi à nous les faire connaitre, jusqu’à son The Fall Of Héraclès particulièrement personnel. Benoît est moins impassible que lorsque je l’ai vu en invité de marque, imperturbablement droit dans ses baskets ; ici il est chez lui et navigue assurément à vue, il manie quelques effets pour sa guitare électrique jusqu’à ce solo pour lequel le son n’est pas sans rappeler celui d’un EWI joué par un saxophoniste, ses soli sont chantants, aériens, plein de surprises, évidemment bien sûr il y a quelques notes, quelques accords, quelques sonorités qui trahissent ses premières amours. Arrangements originaux d’un guitariste inspiré qui susurre les thèmes sans réserve, sa personnalité devient évidente, il me fait toujours penser au très discret Philip Catherine qui manie si merveilleusement la tradition du swing, l’électricité du rock et la douceur des mélodies de l’âme.
Deux des guitaristes emblématiques des scènes et de nos conservatoires sont particulièrement attentifs, Benoît n’oubliera pas de saluer Philippe Roche et Jean-Louis Almosnino.
Nous nous quitterons ce soir avec l’espoir absolu de nous revoir dès l’automne pour une vraie saison de concerts au Hot Club de Lyon.

Ont collaboré à cette chronique :

X