(38) IsèreJazz à Vienne

26/06/2021- Lucas Santtana & guests à Jazz à Vienne

Né à Salvador de Bahia, Lucas Santtana est l’héritier turbulent des Tropicalistes (Tropicália), qui étaient apparus dans les années 60 au Brésil en réaction à la dictature militaire, avec parmi eux Caetano Veloso, Gilberto Gil.
Il présente son album « O Céu É Velho Há Muito Tempo »  créé dans un moment de profonde tristesse après l’élection présidentielle de 2018 au Brésil. Il a réalisé cet album dans le but d’encourager les personnes qui partageaient ce même sentiment !

Une simplicité sur la scène ; une voix douce ; une volonté de partager avec le public, il traduit les refrains en français et le public les chante. Il nous livre un concert intimiste, on se sent dans notre salon avec un ami qui nous montre ses chansons.

Seul avec sa guitare acoustique nylon, on retrouve un petit air du Bahianais João Gilberto lors des soirées fin des années 40 à l’appartement de Nara Leão à Rio (lieu connu de la création de la bossa-nova).
Lucas chante sa vie et ses influences, il est sur scène comme dans le quotidien, ses chansons engagées rappellent que des nombreux artistes ont été pourchassé pendant la dictature, beaucoup se sont réfugiés en France ou en Europe durant cette période obscure.

Le concert a compté avec la participation d’un grand guitariste Caetano Malta, en régie c’est lui gère les subtils effets, très bien dosés, c’est lui aussi de « la Voix de dieu » (sic) qui traduira les paroles de Lucas en français, avec un petit accent brésilien, ce Dieu franco-brésilien va aussi déclamer un poème « en voix off » pendant une des chansons.

Le deuxième invité arrive, Baptiste Herbin qui a une belle histoire avec le Brésil, de plus en plus forte, il sera la deuxième voix avec son saxophone alto. Avec très bon goût, les interventions de Baptiste prouvent que sa relation avec le Brésil n’est pas anodine.

Inspirés du film « De rouille et d’os » avec Marion Cotillard, ils interprètent Samba de Uma nota Só de Tom Jobim et suivit par I follow Rivers de Lykke Li. Baptiste  Herbin après un magique solo de soprano finit en jouant avec les deux saxophones simultanément pour l’accord final, à la manière de Roland Kirk.

La guitare électrique fait également son apparition dans le spectacle, l’atmosphère du mouvement tropicaliste ; les effets pilotés par Caetano Malta font jouent un rôle important dans ce mélange de styles, les lumières, la réverbération, les délais (« delays ») nous ramènent à la réalité d’une grande scène, la « salle » regagne sa taille.

João Selva, le troisième invité arrive, le public, par son accueil, lui bien fait comprendre que c’est « un enfant du pays ». Oui, João Selva c’est un Lyonnais d’adoption, déjà connu du festival, le chanteur, guitariste et percussionniste carioca a amené son bérimbau (voir ici) pour interpréter Amor à Jacumã en rythme de capoeira et d’autres petites percussions légères adaptées à l’ambiance intimiste qui s’est à nouveau installée. João est en aussi tournée avec son album « Navegar ».

Pour clôturer le concert Lucas chante une chanson inédite en français ou il est question de choix : « Celui des terriens qui partagent la terre / La biosphère c’est la nouvelle ère  / Écoutez les chamanes, les êtres vivants. / Qu’est-ce qu’un civilisé qu’est-ce qu’un sauvage ? / Vous devez faire un choix la mort ou la vie. / Tous les copains et les copines ils savent que la biosphère c’est la nouvelle ère. »

Il conclut : Vous votez demain c’est bien! moi je vote pour le climat !

Nous nous votons Lucas !

Ont collaboré à cette chronique :

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