(38) IsèreJazz à Vienne

27/06/2021- Lionel martin dès potron-minet à Jazz à Vienne

Réveil ce dimanche à 05h15 … pour aller à un concert dès potron-minet dans le cadre de Jazz à Vienne.

A 06h30, une fois cafés et croissants distribués à la centaine de courageux qui ont fait le déplacement à l’esplanade de Pipet (le plus beau point de vue sur Vienne), Benjamin Tanguy, directeur artistique du festival explique que lors des confinements l’équipe de programmation de Jazz à Vienne avait imaginé des solutions pour pouvoir jouer « avec » le couvre-feu. D’où ces bizarreries de 06h30.

Lionel Martin entame son concert avec son soprano, dos au public, tourné vers la ville et lâche quelques notes espacées histoire de tester la réverbération de la vallée … et réveiller le centre-ville.

Puis il se retourne et l’on reconnaît quelques accords de Softly as in a morning sunrise. Lionel se prépare quelques boucles et construit un arrangement très libre sur ce thème.

On passe ensuite à sa version de Chant Inca (hommage à Jef Gilson), spontanéité et improvisation avec le recours inventif aux boucles nous offrent un moment d’une belle intensité, au passage on reconnait des passages de l’hommage à Louis Moreau Gottschalk « Jazz Before Jazz » réalisé en tandem avec Mario Stantchev et quelques accords de Sidney Bechet… et hasard (?) à la toute dernière note lui répondent les cloches de Pipet. Il a dans son sac à malices électroniques un sample des cloches de Fourvière, il en profite pour faire se répondre les deux clochers et broder dessus. Puis il enchaine avec les bruits de ses pas et de sa bouilloire enregistrés le matin même.

 

Après son album « Solos » sorti cette année (la couverture est signée de Rober Combas) Son nouveau projet mixe des sons d’industries : métallurgie, métiers à tisser de la Soierie Vivante à Lyon ou autres. Cela donne prétexte à une matière première sonore base d’une nouvelle improvisation. Où l’on découvre que l’on peut jouer du ténor sans bec, et aussi sans souffler. Le morceau devient une longue suite avec différents mouvements aux rythmes variés.

 

Pour répondre par anticipation aux questions que se pose le public il explique que son costume étrange a été dessiné par Robert Combas et réalisé par Nathalie Giraud.

 

Le set s’achève sur une autre improvisation basée sur une boucle répétitive avec encore des bruits de machines. Lionel construit tout un monde sonore avec de nombreux effets. Quelques accords de Gerschwin. Une maîtrise parfaite de ses pédales et looper lui permet de nous offrir un morceau d’une grande richesse et encore une fois très varié.

C’est étonnant pour tout le monde de se retrouver de si bonne heure pour voir un concert en live, une véritable performance. Un moment magique. A refaire (dès dimanche prochain, même heure, même endroit avec la violoncelliste Audrey Podrini)

Ont collaboré à cette chronique :

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