(38) IsèreJazz à Vienne

02/07/2021- Kham Meslien Solo à Jazz Ô Musée

Le principe d’un festival est de nous faire découvrir des artistes ou projets nouveaux.  Pour des festivals de la taille de Jazz à Vienne c’est rarement sur la grande scène que cela arrive mais plutôt sur les scènes off. Cette année, en période de disette de Cybèle, le festival a pu néanmoins organiser quelques concerts plus ou moins discrets comme ceux de Jazz Ô musée à Saint-Romain-en-Gal.

Ce vendredi était annoncé Kham Meslien dont j’ignorais absolument tout. Mon ami Google m’aiguille rapidement sur cette vidéo https://youtu.be/W0dDoAmKEk8. Et là j’ai immédiatement bloqué l’heure dans mon agenda. La filiation avec qui vous devinerez était évidente.

A communication réduite, public restreint. Nous nous retrouvons à peine une trentaine à l’ombre des arbres du fond du Musée Gallo-Romain. Conditions agréables.

La contrebasse -ah oui, Kham Meslien est contrebassiste- nous attend sur un tapis persan, au sol un pédalier d’effets, à côté un support avec un charango, un balai, un chekeré et un petit clavier de looper.

Après les présentations d’usage, Kham Meslien entame son concert avec une première composition personnelle Ta confiance, morceau au nom bien choisi. Il se met en route doucement, délicatement. Il enregistre une ou deux boucles pour sa rythmique et vient broder dessus. Les sirènes des ambulances de l’autre côté du Rhône viennent distraire le musicien qui a parfois du mal à les ignorer, il faut dire qu’avec les embouteillages de fin de journées elles sont (trop) nombreuses. Une cigale vient aussi se mettre de la partie ! Qu’importe, Kham s’enferme  dans sa bulle et déroule ses univers : La Couleur ; The alarm ; Kar Kar KAr (pour à sa fille Carmen qui fête ses cinq ans aujourd’hui) ; La carte postale … thèmes distincts mais qui ont en commun musicalité et douceur. Quelques passages improvisés. L’instrumentarium est réduit mais les univers sont variés et pas convenus. Quelques détours bienvenus vers de la musique « minimaliste » à la Steve Reich. L’utilisation des boucles se fait en finesse et les couches instrumentales se complètent à merveille.

A l’instar de Renaud Garcia Fons, Kham Meslien a développé une superbe pratique du solo de contrebasse, un peu moins de virtuosité instrumentale, un peu plus de poésie. Un trop court moment de douceur. Une valeur sûre à revoir absolument.

Ont collaboré à cette chronique :

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