(38) IsèreJazz à Vienne

02/07/2021 – Richard Bona & Alfredo Rodriguez à Jazz à Vienne

On nous annonçait un duo, nous nous trouvons face à six musiciens : pianiste et bassiste sont solidement épaulés par un percussionniste véloce, un batteur tonitruant, un trompettiste et un tromboniste lumineux ! J’avais assisté à la première formule quelques mois plus tôt, je découvre la formule élargie. Et ça change tout, même si la base reste la même.

Le concert s’articule dans un premier temps autour des albums « Tocororo » d’Alfredo Rodriguez et « Mandekan Cubano Heritage » de Richard Bona avec, entre autres, Ay Mama Ines, Gitanerias, du premier, Bilongo du second. Le suave Raices (racines, origines) marque la transition vers une séquence africaine qui pioche largement dans la discographie de Richard Bona. O Sen Sen Sen, attendu avec impatience par tous les fans du bassiste, enflamme l’amphithéâtre. Pour finir, samba et makossa, aussi dansants l’un que l’autre, déclenchent un vent de chorégraphies réjouissantes à géométrie variable.

Si on ne peut pas dire que le concert en duo soit intimiste tant l’énergie dégagée est grande, j’avais apprécié l’exercice, qui implique un investissement total de tous les instants, accompagnant ou soliste selon les moments, et à un dépassement constant de soi. Le jeu s’enrichit, les chorus sont fournis, les backgrounds sont à la fois denses et attentifs, bref c’est du travail d’orfèvre, réalisé sans se départir d’une joie communicative.

C’est un tout autre plaisir que d’écouter de la musique afro-cubaine avec section rythmique musclée et section cuivres éclatante. L’univers sonore change de dimension, les harmonies se consolident, et les percussions apportent une pulsation incomparable. La formation permet aussi des variations plus osées et plus ensorcelantes.

Toujours est-il que, dans un cas comme dans l’autre, le public termine avec un capital d’énergie et de bonne humeur décuplé, et c’est bien là le principal.

Ont collaboré à cette chronique :

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