(38) IsèreJazz à Vienne

04/07/2021 – Manu Katché « One shot not » à Jazz à Vienne

La 40ème édition de Jazz à Vienne est celle de la promesse d’un retour de la musique en live sans contrainte.
Alors même que le off est très limité cette année, le plaisir procuré par cette édition semble être décuplé par tant d’abstinence durant tous ces mois.
En guise d’explosion des plaisirs musicaux, les organisateurs du festival ont donné en cette soirée du 4 juillet une carte blanche à Manu Katché  pour une résurrection de son émission culte « One shot no » en live.
De 2007 et 2011 -le temps qu’a duré cette émission sur Arte-  le batteur star recevait des artistes dans un esprit de mélange de genres et de générations pour des interviews et des sessions musicales dans les conditions du live.
Le grand intérêt de cette émission était de retrouver quelques pointures qu’on voyait peu à la télé, voir pas,  comme Marcus Miller ou David Byrne et de découvrir de nouveaux talents comme Portico Quartet, Krystle Warren  et bien d’autres.

Il me semble bien que c’est aussi la mission d’un festival comme Jazz à Vienne…Alors chic!

Manu Katché est depuis toujours un ardent défenseur  du décloisonnement de la musique. Il l’a prouvé dans sa carrière de batteur en passant de la chanson française quand il accompagnait Michel Jonasz ou Véronique Samson, à la pop-rock anglaise aux côtés de Peter Gabriel voire au jazz pur jus quand il collabore avec Jan Garbarek où pour ses propres projets. La liste de ses compagnons de route est longue et éclectique.
Il l’a prouvé aussi avec ses choix d’invités dans son émission, et ce soir il enfonce le clou!

Le set commence comme un concert classique à Vienne. Manu Katché avec son groupe joue les morceaux de son dernier album « The Scope ». Jérôme Regard est à la basse,  Elvin Galland aux claviers  et Patrick Manouguian à la guitare.
Ce « house band » va accompagner quelques invités, en devenir ou prestigieux, que Manu va présenter en fabuleux maître de cérémonie, témoignant d’une grande complicité entre les uns et les autres.

Et ça commence avec des locaux de l’étape:
En effet Manu Katché présente avec moult superlatifs la chanteuse Célia Kameni bien connue de la scène jazz locale*. Elle chantera ce soir un morceau de  l’album The Scope mais aussi trois autres de l’album « Secret places » qu’elle a enregistré avec la complicité du pianiste Alfio Origlio, sur scène également ce soir,  une autre pointure locale qui nous rend fiers du jazz que nous défendons chaque semaine sur Jazz-Rhone-Alpes.com.

Le  décloisonnement musical façon Manu Katché sera illustré ensuite par l’intervention du rappeur  Jazzy Bazz pour deux morceaux, puis par celle d’une artiste rare Sophie Hunger qui, elle, joue déjà sa propre partition de l’éclectisme.
Elle a repris magnifiquement à son compte une chanson de Noir Désir  « Le vent l’emportera », a fait une incursion dans le jazz lors d’une collaboration avec son compatriote helvète  Erik Truffaz   sur son album  » in Between » et le titre  » Let me go » qu’elle chantera ce soir,  mais son registre de prédilection reste une pop-folk énergique et polyglotte.
Après un petit retour de Raoul Midon le guitariste virtuose et chanteur ( que  j’avais pour ma part connu justement lors d’une émission de « One shot no »)  qui a assuré la première partie de la soirée, Michel Jonasz arrive alors en véritable star.
Il est accompagné de son fidèle pianiste Jean-Yves D’Angelo, et nous régalera de quelques unes de ses chansons et autres tubes inoxydables:  Lucille, Du blues, du blues, du blues, Super Nana (enfin là, c’est le public qui a chanté). Bien sûr le public en redemande tellement il est bon de partager à nouveau ces chansons intemporelles !
Mais la vrai star internationale arrive !
La surprise était bien gardée et c’est le policeman en chef , Sting himself qui entre en scène.
Ah quand même ! (Oui j’avais envie de placer « Ah quand même! » dans cette article)
Il annonce qu’il n’a pas fait de scène depuis deux ans; qu’il ne sait pas s’il sait encore faire.
Nous fûmes très vite  rassurés avec, pour notre plus grand plaisir, des morceaux presque jamais entendus: Message in a bottle , English man in New York et Shape of my heart avec le guitariste Dominic Miller, et Célia Kameni toute heureuse de se retrouver en duo avec cette star. Excusez du peu !.
Et si on finissait avec If you love somebody, set them free tous ensemble: Bon et ben d’accord.

Si je me permettais un écart de langage pour qualifier cette soirée,  je dirais qu’après une année de merde ( dixit Manu Katché lui même) c’était un putain de plateau ( dixit moi-même!)

 

*: pour mémoire, Célia Kameni a débuté sa carrière de chanteuse en janvier 2011, avec le projet collectif « Motown revival » à l’instigation d’un certain Jérôme Regard qui dirigeait le département jazz du C.R.R. de Lyon à l’époque. (voir ici)

[NdlR: vous ne verrez pas de photos de JazzyBazz, Michel Jonasz, Sophie Hunger ou Sting, les photographes accrédités s’étant vus interdire de faire leur travail lors du concert]…

Ont collaboré à cette chronique :

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