Raoul le don musical à l’état pur et non le mi-dón.

 

La météo était pessimiste. Nous partîmes bardés de nos coussins et de nos ponchos dans cette arène mythique. Les muses nous firent grâce des ondées prévues, à moins que les prières des musiciens y fussent pour quelque chose.

Il est arrivé, dodelinant au bras de son guide, une dégaine empruntée pleine de modestie et d’hésitations. Raoul Midón, en première partie, presque une injure pour cette star mondiale aux multiples grammy awards. Aveugle de naissance, comme beaucoup de ses congénères, il reporta cette exclusion de lumière sur l’un de ses autres sens, pour lui son oreille, tout comme Stevie Wonder, son jumeau musical, à qui on le compare souvent. Son jumeau de naissance, aveugle également, devint ingénieur à la NASA.

Affublé se son éternelle casquette, il démarre en tapotant sa guitare, les accents stridents des cordes déchirent le silence attentif. Il entame I love the afternoon pour son entrée en cette fin d’après-midi. Il est seul sur cette grande scène avec sa guitare pour compagnie. Il décline avec Bad ass and blind de son album victorieux aux grammy de 2017. Un touché de cordes impressionnant. Dans sa troisième prestation When you call my name il se montre un peu perdu sur scène accompagné de sa touchante modestie, pour raconter sa vie. Sa love song I want to see you again prolonge son autobiographie sensible et intimiste. Lui succède sunshine le bien nommé, la trompette vocale en attaque, puis la guitare et le bongo en même temps. Raoul Midón tel qu’on le connait multi-instrumentiste et vocaliste, homme-orchestre. Il enchaine sur un solo de bongo. Après ce délire musico-vocal, il s’assoie pour une balade de son album « Miror » Cold cats and coffee. Il sort sa voix de crooner, douce et caressante. Il alterne avec un instrumental Desperate identity  aux accents proche du jeu de Ulf Wakenius et qui pose question : est-ce un guitariste expert qui s’accompagne de sa voix , ou un multi-vocaliste s’accompagnant à la  guitare ? Il est l’un et l’autre, à la fois tant il est talentueux.

La foule un peu froide à l’entame, est sous le charme de ce monstre musical, et lui renvoie son admiration. Une fin d’après midi apaisante et enjouée. Se succèdent Pedal to metal qu’il joue habituellement à la guitare électrique puis State of mind son célèbre tube du début du siècle où il démarra ses voix instrumentales. Un rappel avec Everybody où il alterne les notes graves et les aigues à la Bobby McFerrin.

La soirée est lancée. Il reviendra dans la seconde partie dans le contexte de « One shot not » entouré d’un set musical excellent. Un sacré bonhomme.

Ont collaboré à cette chronique :

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