(38) IsèreJazz à Vienne

06/07/2021 – Youn Sun Nah & Ulf Wakenius à Jazz à Vienne

Moments magiques

Cette soirée du 6 juillet connut bien des vicissitudes, un temps annulée puis reconfigurée en trois parties. Accords majeurs et mineurs entre tourneurs, programmateurs, producteurs lui ont permis d’exister. Absents des premières annonces, un coup de baguette fit sortir Youn Sun Nah et  Ulf Wakenius  du chapeau du magicien !

Celles et ceux qui attendaient l’ouverture des portes reconnurent la frénésie de Ulf et les pirouettes vocales de Youn répétant Momento magico, le duo semblant se jouer de l’humidité et de la fraîcheur viennoises.

Une heure de temps suspendu ouvre la soirée avec la chanteuse coréenne et le guitariste suédois. Les gouttes crépitent sur nos ponchos. Youn prend de nos nouvelles après ces longs mois d’abstinence… Tour de passe-passe alchimique ou météorologique ? La pluie marquera une pause pendant leur concert…

Quel plaisir de retrouver ce duo qui sut si souvent nous émouvoir ! Une larme coule quand Sans toi rend hommage aux mots d’Agnès Varda et à la musique de Michel Legrand. Ulf avait quatre ans quand sortit Cléo de 5 à 7. Youn n’était pas née… Sortilèges du temps qui passe…

En véritables illusionnistes, la chanteuse et le guitariste s’approprient avec aisance la puissance du Enter Sandman de Metallica tout en le métamorphosant. Tout comme ils muent une chanson d’amour coréenne en ballade universelle de jazz.

La reprise du Hallelujah de Leonard Cohen ne peut que nous évoquer le souvenir du concert bouleversant donné par ce dernier sur cette même scène le 18 août 2009. C’est le grand frisson et pas uniquement à cause de la fraîcheur de la nuit tombée…

Vêtu de noir, en véritable sorcier de la guitare, Ulf est plus qu’un accompagnateur. Il possède une technique qui lui permet d’alterner force et délicatesse. Un simple verre lui servira de bottleneck pour l’introduction du Jockey full of bourbon offert en rappel.

Dans sa tenue immaculée, Youn a l’art d’envoûter son auditoire. Ses prouesses vocales sont sans égales. Dans la même chanson, sa tessiture lui permet de passer de la raucité d’un club enfumé à la magnificence d’un opéra avec une stupéfiante fluidité. Lors du rappel, elle se pince le nez pour évoquer Tom Waits !

D’aucuns auraient aimé que l’enchantement durât plus longtemps…

Ont collaboré à cette chronique :

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