(69) RhôneFestival du Péristyle

19/07/2021 – Antoine Boyer & Yeore Kim au Péristyle de l’Opéra de Lyon

En 2017, le RhinoJazz nous faisait découvrir un OVNI de la guitare. Un « gamin » de vingt-et-un ans qui nous faisait la démonstration outrecuidante de tout connaitre de la guitare gipsy et manouche (voir ici). Vous savez le genre « Aux âmes bien nées… », vous connaissez la suite de Pierre Corneille. Antoine Boyer, puisqu’il s’agit de lui est un boulimique. A vingt-cinq ans désormais, il affiche déjà huit albums au compteur dont le duo qui nous l’a fait connaitre, celui avec Samuelito « Coïncidences » en 2016.

Ce soir au Péristyle il nous présente son nouveau projet « Tangram » sorti en 2021 mais qui a demandé deux ans de préparation. Initialement cela devait être un duo avec son épouse, l’harmoniciste coréenne Yeore Kim, mais l’aventure musicale a évolué vers une formation allant du solo au quintet avec la complicité du batteur Jonathan Gomis ; du contrebassiste William Brunnard et du tromboniste Jean-Louis Pommier. Seuls Antoine et Yeore seront sur scène ce soir. Qu’importe ils sont aux sources de ce projet.

On savait le garçon virtuose sur son instrument. On pouvait craindre de la figuration à côté. Que nenni, à l’instar de son compagnon la jeune femme a tout appris, tout digéré de ses devanciers : Toots (Thielemans) ; Grégoire Maret ; Greg Zlap ; Olivier Ker Ourio ; William Galison ; etc. Crânement elle s’aventure dans ce monde de mecs et ne donne pas sa part  aux chiens. Une vraie découverte sur le CD Tangram et désormais sur scène.

Sur la scène du Péristyle nous les découvrons pour leur premier concert à Lyon. Beaucoup de monde sous les arcades, de nombreuses conversations de terrasse, un public pas gagné d’avance. Les deux jeunes s’installent… et rapidement le silence se fait car on comprend vite à qui on a affaire. Que du bon.

Les deux musiciens déroulent leur répertoire en l’adaptant pour le duo. Du bon goût, de la justesse et un bel équilibre. On reconnait bien sûr quelques standards au passage Blackbird ou Sous le ciel de Paris, quelques valses comme celle dédiée à l’accordéoniste Lionel Suarez Valse L. Tout au long de la soirée les standards continuent de défiler, on remarque un Over the rainbow (de la B.O. du « Magicien d’Oz ») dans une version enjouée où l’harmonica apporte une jolie touche de légèreté. Par contre Bemsha Swing de Monk est plutôt maltraité, quitte à s’amuser avec, autant regarder du côté du Tinissima Quartet de Bearzatti. Bien sûr nous auront droit à l’incontournable Autumn Leaves, prétexte à d’amples improvisations de part et d’autre.
Les compositions de l’album sont aussi interprétées sous une forme duo qui passe parfaitement les feux de la rampe.

Nous assistons à une concert d’une belle tenue par deux jeunes musiciens qui ont déjà réalisé un superbe « bout de chemin ».

 

Vous pourrez voir ou revoir ce duo à l’église de Sainte-Croix-en-Jarez le dimanche 10 octobre 2021, dans le cadre du RhinoJazz(s) (voir ici)

Ont collaboré à cette chronique :

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