(69) RhôneFestival du Péristyle

29/07/2021 – Stracho Temelkovski Trio au Péristyle de l’Opéra de Lyon

Le trio tout de noir vêtu s’installe et embraye sans transition sur une première composition aux effluves balkaniques Du premier au dernier soupir. Stracho Temelkovski débute seul à la basse, la main droite pour la rythmique et la gauche pour les accords avec une vélocité qui est sa marque de fabrique. Un soupçon de beat-boxing pour étayer le truc. Les compères le rejoignent presque subrepticement. C’est parti pour un set de musique enjouée.

Stracho vient présenter son dernier album « The Sound Braka »  (Les « frères de son », en Macédonien) qui fait appel aux deux acolytes sur scène mais aussi à de nombreux musiciens du monde entier. Pas de frontières chez lui.

Changement de décor avec la Saudade des Baumettes. Ah oui, Stracho est pieds nus, à chaque cheville un bracelet de percussions ou de grelots. Un véritable homme orchestre. Jean-Charles Richard au sax soprano et Jean-Francois Baez nous offrent par instant de sublimes unissons avant de diverger pour se retrouver plus tard.

Stracho prend sa viola, sorte de guitare brésilienne à deux fois cinq cordes. Jean-Charles passe au baryton pour Gipsy. Forcément ça s’emballe, les têtes et les pieds gigotent sévère.

Retour sur les terres d’origine de Stracho, la Macédoine avec La mélo Doucha Man (Doucha en Macédonien signifie à la fois l’âme et la personne) un peu de spiritualité ne nuit pas en musique. Ici Stracho est à la mandole, encore un instrument qu’il maîtrise avec une aisance déconcertante

Second set avec la superbe intro à la basse de Stracho sur Make Dunia. Les trois prennent leur temps et le morceau s’étale sur plus de vingt minutes. On en redemande.

Avec Odimé siné nous profitons d’une rare ballade aux parfums de Macédoine et d’Arménie. La mandole se prête idéalement à ce morceau. L’accordéon et le soprano accompagnent délicatement avant que la tension s’installe et un revirement rythmique que l’on n’a pas vu venir nous prend aux oreilles. Un morceau captivant de bout en bout.

Ainsi s’écoule cette soirée. Des musiques de traditions (avec un « s ») revisitées par d’excellents jazzmen.

Le public est littéralement subjugué par la précision et le placement de ces trois-là. Un ami d’un ami, guitariste de rock de  son état, mais guitariste quand même (pas taper !), me demande s’ « il y a une bande derrière » … non il est aussi au beat-box, et là j’ai vu des yeux admiratifs, car pour lui jouer la mélodie à la main gauche, faire des percussions avec la droite, les pieds et la bouche, …tout en restant très musical, cela dépassait son entendement. C’est Stracho ! [NdlR : Temelkovski en Macédonien signifie « Super héro »]

Ont collaboré à cette chronique :

X