Piers Faccini est passé maître dans l’art d’associer tristesse et espoir, obscurité et lumière, mélancolie et transe, qu’il chante en français, en anglais, en italien, en espagnol ou en arabe avec sa voix aérienne et chaude et dans des styles très différents qu’il associe à merveille pour en faire ressortir les points communs : musique méditerranéenne, du Maghreb et du Moyen-Orient (Remember Them ; Dunya ; Three Times Betrayed ; Lay Low to Lie), tarentelles des Pouilles (Sunette d’Amore ; The Beggar and the Thief), blues du Mississippi mâtinés de gnawa (All Aboard ; Foghorn Calling), ballade folk (Together Forever Everywhere).

Derrière le quatuor, les nuages glissent en volutes sur les pentes, dévoilant furtivement quelques séracs ou sommets avant de se refermer sur eux comme au rythme des complaintes qui se succèdent en emportant le public dans une irrésistible transe méditative toute en émotion contenue.

De They Will Gather No Seed, superbe prière qui rappelle les musiques soufies, avec sa rythmique ponctuée de claquements de doigts et son imploration comme un mantra, Bring me my home back, à Foghorn Calling, la corne de brume qui avertit les marins du danger – en l’occurrence l’urgence climatique -, pour les faire changer de cap avant de sombrer, chaque morceau fait mouche, jusqu’aux deux rappels qui concluent sur une note d’espoir, histoire de se consoler de ce que ce concert en apesanteur touche à sa fin (Together Forever Everywhere et A Home Away From Home).

Incontestablement un grand moment de ce CosmoJazz 2021.

 

Piers Faccini: guitare, voix ; Séverine Morfin: violon ; Juliette Serrad: violoncelle ; Malik Ziad: guembri, mandole

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