(38) IsèreJazz'Alp

02/08/2021 – Soleme et Little mouse & the hungry cats à Jazz’Alp à l’Alpe du Grand Serre

Comme il se doit Gérard Duchamp annonce la fin de cette belle édition 2021 du festival Jazz’Alp  en remerciant tous les partenaires institutionnels et locaux. Un festival ne peut perdurer que si les partenaires financiers sont présents et fidèles. C’est bien sûr nécessaire, mais pas suffisant. Le plus important, c’est de créer un groupe d’amis, de passionnés qui va donner de son temps libre pour la musique, pour les musiciens, pour la culture. Les bénévoles de Jazz’Alp ont su trouver cette énergie et la mettre au service du jazz, des jazzs pour notre plus grand plaisir.

Place à la musique ! Le groupe Soleme officie en première partie. C’est un groupe  local, originaire de la Matheyzine. Ce quintet est composé de Marc et Murielle Souet (flute et voix/sax tenor), Rémi Ferraud-Ciandet (batterie), Christophe Angella (basse) et Sylvain Ferrante(claviers). Pour l’occasion, le groupe s’est adjoint un saxophone alto supplémentaire, manié de main de maître par Karl Van Den Bussche.

Quelle meilleure manière de célébrer leur amour du jazz que de nous en offrir les plus belles pages. Grands standards de jazz et de bossa nova, chacun s’applique à donner le meilleur de lui-même et à nous emmener dans ce tour du monde en 80 mesures. Un bon moment passé avec Soleme.


Little mouse & the hungry cats cloture la cinquième édition de Jazz’Alp.

Entrée en matière sans fioriture du dernier groupe de l’édition : une  petite souris suivie de près par une bande de gros chats de gouttière ! La fin de l’histoire aurait pu être bien différente, mais en l’occurrence, c’est la souris qui a dressé les chats et leur a donné le blues. Quoi, le blues des chats ? Ouais mec, celui qui vibre, qui dérange, qui miaule  sur les toits quand les braves gens veulent dormir.

Pas de pedigree, pas de race, les chats qui dérangent votre soirée viennent de la rue, là où il fait sombre. Ils s’appellent Denis Maisonneuve (chat qui bat), Eric Courier ( chat basse, rapport à la deuxième soirée du festival), Richard Addeo (chat à chapeau qui joue des claviers), et Jean-Christope Sutter (chat qui gratte). Et l’instigatrice de tout ça,  c’est la petite souris andalouse, Claire Ramos Munoz.

Le problème avec les chats, c’est que quand il font du blues, ceux des autres quartiers rappliquent. Pas vingt minutes passées, voilà deux chats soufflants de plus : Eric Pigeon au sax et Regis Pons à la trompette. Et c’est reparti de plus belle pour le blues !

Le blues, c’est plus qu’un style, c’est un état d’esprit, une façon d’être. Les musiciens de jazz vous diront que c’est trop simple, mais peu d’entre eux savent le jouer. Il faut une solide technique et une mise en place parfaite, mais pas de blues sans ce supplément d’âme qu’on appelle le feeling. Pour Jimmy Hendrix, le blues était facile à jouer, mais tellement difficile à ressentir.

Little mouse &the hungry cats joue le blues, ressent le blues, partage le blues.

Recette classique du blues en 12 mesure : attention, pas de blues sans une section rythmique basse-batterie puissante. Prenez un bon guitariste, agrémentez-le d’une bonne Strato. Faites mijoter avec de bons claviers. Rajoutez au besoin selon l’assaisonnement souhaité des cuivres et posez dessus une voix. Bien entendu, la voix doit être puissante, percutante, impertinente.

Les matous de Little mouse & the hungry cats ont le gros son, la strato, le synthé et les cuivres qui vont bien. Claire, la petite souris andalouse a le blues dans la peau. Elle sait chanter la colère, l’indignation, tous les  problèmes de tous les jours, le blues quoi !

L’énergie de Little mouse & the hungry cats a déferlé sur l’Alpe du Grand Serre pour ce final en beauté. A cinq ou à sept, ça a envoyé du pâté (pour chats bien sûr !)

Encore merci à toute l’équipe pour ces bons moments à l’Alpe du Grand Serre. Longue vie à Jazz’Alp !

Ont collaboré à cette chronique :

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