(26) DrômeParfum de Jazz

10/08/2021 – Banan’n Jug à Parfum de Jazz

Où l’on retrouve un quartet de musiciennes découvert l’année passée à Crest (voir ici). Banan’n Jug est programmé à Parfum de Jazz sur trois concerts. Le premier à Saint-Férréol-Trente-Pas, annulé, a été reporté à mardi après-midi à Beauvoisin.

Lundi matin, on ouvre donc cette édition du festival dans les jardins de l’hôtel de ville de Buis-les-Baronnies directement en musique avec les Banan’n Jug (littéralement « les Bananes et les cruches »)

Les jug bands sont nés au début du XXème siècle dans le Kentucky et se sont développés à Memphis. Ils se caractérisent par l’emploi d’instruments classiques (guitare, banjo, violon, …) et par des instruments détournés ou bricolés (planche à laver, kazoo, bidons, boîtes,…) (source Wikipédia)

A elles quatre, elles se réapproprient un répertoire de folk/gospel d’Amérique du Nord et du Sud et d’ailleurs, dans un style « Jug ». Cette formation tourne depuis huit ans et a déjà inscrit trois albums au compteur, dont le dernier « Lindstead Market ».

Les voix se complètent, l’instrumentarium est varié en passant de la classique contrebasse à la caisse claire, au banjo, au ukulélé, sans oublier les maracas, la planche à laver, des claquettes, un kazoo, un tambour et d’autres à suivre. Et surtout beaucoup d’humour.

On entendra des chansons d’univers très divers comme un folk song qui évoque une certaine Sarah Jane « qui pue des pieds » ou un medley de deux chansons  Lindstead Market/Day Oh où l’on reconnaît la version originale de Talimi banana immortalisée par Harry Belafonte. Avant ce morceau, Laure se lance dans une longue explication drolatique sur le comment du passage des bananes sur l’arbre à notre table et où l’on découvre le rôle du Taliman…

Back to back, belly to belly nous vient des Bahamas et raconte l’histoire de zombies qui font la fête en dansant dans un cimetière (pas très Covid tout ça !).

Un petit tour par le Brésil avant de revenir à un vieux morceau louisianais qui relate les déambulations d’un rat musqué Muskrat Ramble. On reconnaît un thème repris par Sydney Bechet ou encore Louis Armstrong. Les quatre finissent avec un kazoo.

Leur répertoire comporte également une chanson en français. « Un peu le morceau qui pète le dance floor à la maison de retraite »(sic) : Avril Au Portugal une reprise d’une chanson écrite dans les années trente au Portugal Coïmbra. Ici les Banan’n Jug la reprennent en canon avec de jolis effets divers d’oiseaux et autres bruitages.

Avec Hong Kong Blues nous changeons encore de continent « I need someone to go to San Francisco » à la mode chinoise.

On reste dans les îles, à Haïti, avec Pagemama qui clôt souvent leur set.

 

Pour le concert à Beauvoisin (149 habitants) nous sommes accueillis chaleureusement par le maire Monsieur Christian Thiriot qui nous dit son plaisir de retrouver enfin du monde dans la guinguette du village et de rappeler que la culture est un bien essentiel, ce qui n’a pas manqué de déclencher de chaleureux applaudissement. Bernard « Bab’s » Chambre présente ensuite le groupe et annonce que le Fifty’s Revival Quintet jouera ensuite.

Les quatre musiciennes de Banan’n Jug entament cet ultime set de leur mega-tournée en Baronnies par Day’O (leur version de Talimi Banana) histoire de nous filer la … banane après la sieste.

Passage à nouveau aux Bahamas avec A king Edward, du folklore des Bahamas qui évoque un roi qui a abdiqué pour pouvoir épouser une femme divorcée (histoire connue ?).

Et d’autres chansons déjà proposées aux concerts précédents.

Ayant pu assister à ces trois concert, je peux vous assurer que je ne me suis pas embêté une seconde. Ces quatre musiciennes/chanteuses sont pétillantes, pleines d’humour et affectionnent l’auto-dérision. Un vent de fraîcheur qui coiffe leur talents.

 

Marine Fourest: contrebasse, voix ; Caroline Sentis: kazoo, voix ; Audrey Isnard: washboard, voix ; Laure Colson: banjo, voix

Ont collaboré à cette chronique :

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