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14/08/2021 – Conférence « Hollywood et les jazzwomen » à Parfum de Jazz

La conférence initialement intitulée « Hollywood et les jazzwomen » devient après un resserrage d’angle « Quelques parcours emblématiques de chanteuses afro-américaines à Hollywood », sinon le conférencier, Pierre-Henri Ardonceau, membre de l’ Académie du Jazz, aurait eu besoin de bien plus que l’heure et demie dévolue. Et encore il a dû faire des choix.

 

Rappels :

  • Le poids de la ségrégation au xxème siècle. 
  • La NAACP (National Association for the Advancement of Colored People ; en français : association nationale pour la promotion des gens de couleur) tente de résister.
  • Le cinéma d’Hollywood est très ségrégationniste dans les faits.
  • Le premier film parlant est « The Jazz Singer 1927 » sans jazz et sans noir dedans !
  • Pas d’hommes ou de femmes noirs à l’écran hormis quelques catégorie de personnes dont … les musiciens de jazz dans l’exercice de leur art.
  • Le summum de l’hypocrisie est le code Hays 1930/1955 (voir ici)

Passons en revue une sélection courte de stars féminines afro-américaines et de leurs interventions à l’écran :


Billie Holiday joue un rôle de soubrette dans une super production New Orleans de 1945. Ce qui l’a meurtri et son nom apparaît à peine sur l’affiche

Nous voyons un extrait de Billie chantant Do you know what it means to miss New Orleans avec le quintet de Louis Armstrong.


Ella Fitzgerald fait une première apparition dans un navet de Abott et Costello où elle chante son tube A tisket à tasket. Ensuite peu d’autres scènes sauf quelques apparitions en tant que chanteuse (Comme dans St. Louis Blues, 1958), pas de vrais rôles.

On la voit dans « Let no man write my epitaph » qui marque les débuts de Jean Seberg qui sera très active dans la lutte contre la ségrégation.


Hazel Scott à été blacklistée à cause de ses opinions.


Léna Horne, très engagée, a débuté dans un « race movie » (films réservés aux noirs) à 21 ans en 1938. En 1942 elle n’est même créditée sur l’affiche de « Panama Hattie » où pourtant elle interprète Just one of those things. En 1943 elle tourne dans « Cabin in the sky » puis dans le film à succès « Stormy weather ». Un an plus tard elle apparaît à peine sur l’affiche de « Swing Fever » un film à la gloire d’un chef d’orchestre tombé dans l’oubli Kay Kyser.

Activiste dans la NAACP, elle sera blacklistée jusqu’en 1956 cf. « Meet me in Las Vegas »


Dorothy Dandridge la vedette de « Carmen Jones » (Otto Preminger, 1954) fait ses début dans un race movie insignifiant.


Abbey Lincoln débute comme bimbo noire pour finir comme activiste aux côtés de Max Roach à la NAACP.

En 1956 on la découvre dans « La blonde et moi » en chanteuse de club de luxe.


Dans les 70´s le code Hays s’infléchit et l’on commence à retrouver de la mixité comme par exemple dans les Blues Brothers avec une Aretha Franklin très en forme.

La scène où elle chante Think clôt cette conférence.

Ont collaboré à cette chronique :

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