(26) DrômeParfum de Jazz

14/08/2021 – Equinox Trio à Parfum de Jazz

Dans chaque festival où je suis passé, j’ai toujours eu un coup de cœur.

Sans doute faut il dire ce que c’est : ça arrive sans qu’on s’y attende, c’est une vraie découverte, une vraie rencontre, ça prend aux tripes, suffisamment pour être bousculé et vibrer à l’unisson. Ça prend une forme affective. Allez savoir ce qui se passe à l’intérieur pour que tous les sens soient rassemblés.

A Parfum de jazz, l’Equinox trio m’a fait cet effet. Leur musique, je la prends en bloc, elle fait alchimie. Trois artistes pour un même corps. Sur les tournes de la pianiste, chanteuse, et compositrice Elodie Mam’s, se calent la contrebasse de John Zidi, et la batterie d’Elie Gouleme, solides, épurées. Dire que cela groove n’est pas un vain mot. La voix est au cœur du projet, centrale, première, et le chant me touche par sa profondeur et son authenticité. La musique du trio creuse en moi des sillons et me mène délicatement mais sûrement vers une transe intérieure.

De quoi est fait cet univers singulier ? D’un subtil mélange de styles, sans couture et avec la plus grande fluidité, qui va d’accents d’EST, pour sa part méditative à un esprit soul et pop, pour sa partie chantante, qui rappelle parfois l’énergie et l’univers de Miles Sanko. Je pourrai rajouter que la pianiste me donne l’impression d’avoir étudié de près les harmonies si sensibles de Michel Petrucciani. Aucun emprunt en tout cas, juste la continuité de cette longue histoire du jazz que les trois artistes possèdent et qu’ils prolongent dans des compositions originales.

Avec le trio, la qualité des arrangements, la précision rythmique finissent par former un chant hypnotique. Cela tient de l’envoutement. Chapeau bas aux trois musiciens qui tiennent là un axe majeur qui sous-tend une bonne musique, la force de la danse. Je rajouterai volontiers, la beauté rythmique et mélodique, qui produit l’extase. Que demander de mieux ?

Ont collaboré à cette chronique :

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