(26) DrômeParfum de Jazz

14/08/2021 – Mélanie Dahan « Le chant des possibles » à Parfum de Jazz

Rares sont les chanteuses de jazz qui chantent en français. Mélanie Dahan est de celles là.

Par sa voix assurée, elle déguste les mots, les vers de nos grands poètes, écrivains ou musiciens français.

Le chant des possibles, qu’elle nous offre ce soir, est fait de poésie, de sourire et de délicatesse.

La voix de Mélanie claire et tendre est le sixième instrument de ce sextet de sympathiques et talentueux trentenaires, qui apportent un supplément d’âme à la saveur de ces textes choisis.

 

Le chant des possibles est né de la rencontre avec Jérémy Hababou, pianiste franco-isralélien, compositeur inspiré, chanteur à ses heures.

Joëlle Léandre disait que « la basse, la contrebasse sont souvent considérées comme des instruments mineurs, de simples accompagnements ». Cette année à Parfum de Jazz, la preuve contraire nous en a été donnée à de nombreuses reprises et ce soir une fois de plus avec Jérémie Bruyère, aussi bien à l’aise en jazz qu’en musique classique.

Arthur Alard à la batterie, Marc Benham au synthétiseur, et le pilote de ligne et néanmoins saxophoniste Benjamin Petit, viennent, avec leur talent nécessaire, donner la cohérence et l’élégance à ce projet.

C’est avec tendresse ou curiosité que les textes ont été choisis. Et tout leur talent a été de les envelopper de notes, de sons cohérents et qui leur ressemblent.

Mélanie vocalise sur les mots de Tahar Ben Jelloul « comme une chute de lumière pulsée », extraite du roman Cette aveuglante absence de lumière. Et c’est la résistance du prisonnier dont est inspiré le roman qu’exprime les musiciens, avec toute leur énergie.

L’amour est au rendez-vous avec Andrée Chédid et 100 ans cette année, pour lesquels la contrebasse a fait surgir l’Orient.

La surprise est venue du choix de Michel Houellebecq et de sa possibilité d’une île. Audacieux, mais  le chant des oiseaux, entre autres, nous transportait inévitablement sur cette île idéale et merveilleuse.

Charles Aznavour , Georges Brassens, Michel Legrand, Henri de Reignier, Bernard Joyet, Georges Bernanos, choix éclectiques mais des renaissance musicales pour ces textes oubliés.

Une mention spéciale et personnelle, à l’interprétation de la chanson Saturne de Georges Brassens pour laquelle Jérémy le pianiste est devenu chanteur. Duo magique que Georges Brassens ne renierait pas.

Le public a dégusté ce concert dont la classe était à la hauteur de l’émotion produite.

 

Ont collaboré à cette chronique :

X