(74) Haute SavoieChronique de livreImperial

14/08/2021 – Thomas Dutronc à l’Imperial Palace d’Annecy

Ce 14 août en soirée c’est Thomas Dutronc  avec son sextet qui a assuré le deuxième concert du Impérial Annecy Festival pour son volet jazz. 

Thomas Dutronc est le V.I.P de ce festival. Il vient y présenter devant une salle comble son nouvel album : « Frenchy », il y fait des reprises de chansons françaises mondialement connues. Il était accompagné par  Eric Legnini au piano, qui a joué sur un superbe Steinway, Rocky Gresset à la guitare, Denis Benarrosh à la batterie, Thomas Bramerie à la contrebasse, Dominique Mandin au saxophone, Jérôme Etcheberry à la trompette et Michael Ballue au trombone. Thomas Dutronc a su s’entourer de ces très grands musiciens  pour son disque et pour cet événement à l’Impérial Palace.  Avec la présence de ces jazzmen même les chansons de variétés qui ont été jouées ont pris des allures de thèmes de jazz.  Le concert a commencé par Plus je t’embrasse une adaptation française d’une chanson américaine. Dès les premières mesures le swing est présent avec Thomas Bramerie à la basse et Denis Bennarosh à la batterie il ne pouvait pas en être autrement. Les improvisations de Eric Legnini au piano et de Rocky Gresset à la guitare démontrent l’excellence de ces musiciens, les orchestrations  des cuivres enrichissent le morceau, un vrai plaisir pour les oreilles. La voix de Thomas Dutronc correspond parfaitement à l’attente du public qui retrouve en elle des accents de la voix de son père Jacques Dutronc. Mais ne nous y trompons pas cette manière de chanter qui apparaît très décontractée demande beaucoup de maitrise de sa part. Le deuxième morceau est Petite fleur un standard de Sydney Bechet où Rocky Gresset à la guitare reprend une partie du thème et improvise dans le style de Django Reinhardt. Entre les morceaux en parfait maitre de cérémonie Thomas Dutronc attire avec ses commentaires pleins d’humour et de naturel  la sympathie du public.  Puis ce sont les thèmes, Playground Love où Jérome Etcheberry fait l’introduction et des contrechants à la trompette avec un très beau son, La mer de Charles Trenet, Get lucky, Je suis pas d’ici, un thème joué dans le style manouche plus proche de celui de prédilection de Thomas Dutronc, avec une très belle improvisation de Michael Ballue au trombone, Ces petits rien de Serge Gainsbourg avec une introduction de Thomas Bramerie qui fait chanter sa contrebasse, un thème parfaitement adapté à la voix de Thomas Dutronc. Et vient l’intermède incroyable de la dégustation de vin, les musiciens se retrouvent autour d’un bar  au fond de scène pour déguster une Mondeuse,  vin local,  très apprécié par les musiciens de l‘orchestre qui enchaînent sur Minor swing de Django Reinhardt, c’est vraiment le style que préfère visiblement Thomas Dutronc  qui à la guitare  démontre une belle maîtrise et musicalité, puis suit dans le même style Comme un manouche sans guitare où Rocky Gresset fait un superbe solo sur ce tempo d’enfer,  puis  c’est Sésame, J’aime plus Paris et Aragon des chansons de Thomas Dutronc qui y démontre son  talent d’auteur compositeur.  Après que les musiciens se sont bien lâchés sur ce dernier morceau, le spectacle se termine plus sereinement avec la chanson d’Henri Salvador Mademoiselle.  C’est sous les applaudissements nourris de spectateurs enchantés par cette prestation que Thomas Dutronc et ses excellents musiciens ont quitté la scène de l’Impérial Palace.

Ont collaboré à cette chronique :

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