(74) Haute SavoieImperial

17/08/2021 – Eleonora Strino Trio à l’Imperial Palace d’Annecy

Pour ce sixième concert du Impérial Annecy Festival mardi 17 août  en fin d’après midi, c’est sur la terrasse de l’Impérial Palace que s’est produit le trio d’Eleonora Strino. Elle est à la guitare et au chant, Alessandro Maiorino à la contrebasse et Enzo Zirilli à la batterie.

Je ne m’attarderai pas sur la plastique exceptionnelle d’Eleonora Strino qui, soyons très honnêtes, attire le regard, mais plutôt sur son jeu à la guitare qui n’en est pas moins absolument inattendu, incroyable, renversant, bouleversant, et je vous trouverai d’autres adjectifs au cours de cet article, c’est sûr.  Philippe Martel, directeur artistique de ce festival, s’est vu décrire cette musicienne comme « le meilleur guitariste de jazz d’Italie ».

Les morceaux qui vont suivre sont souvent des mélodies italiennes qui ont été mises en musique pour correspondre à ce superbe trio.

Le set commence par Na Tazzulella avec une introduction à la guitare seule, et là fermons les yeux et laissons-nous envahir par la clarté et la musicalité des phrases qui se succèdent… une technique phénoménale au service de la musique, voilà ce que nous découvrons. Elle joue avec un médiator mais le son est rond comme si elle jouait avec le pouce à la Wes Montgomery. Après le solo de guitare, c’est au tour du contrebassiste Alessandro Maiorino, qui devait jouer pour la première fois avec Eleonora Strino, de nous faire la démonstration de sa dextérité sur cette très belle contrebasse. Puis un 4/4 avec un batteur parfaitement en harmonie avec les deux autres musiciens.  S’en suit Il Postino, une introduction à la guitare avec toujours cette même capacité à transmettre l’émotion. Puis c’est Hallelujah Time d’Oscar Peterson sur un tempo d’enfer,  une improvisation à la guitare. Les phrases et les accords défilent toujours, parfaitement mélodiques et parfaitement placés, un solo de batterie qui tient le tempo.  Avec Historia de un amor, l’introduction se fait à la contrebasse,  qu’Alessandro Maiorino fait chanter. Notre guitariste entonne avec une voix haut perchée qui ne manque de  musicalité  bien adaptée à cette belle mélodie italienne.  Puis c’est au tour d’un standard de Wes Montgomery, Fired Pies, thème à la guitare, puis une improvisation sur ce tempo medium. Il y a bien quelques dédoublements de tempo, mais cela reste un vrai swing bien soutenu par la contrebasse et la batterie. Le solo de contrebasse reprend le thème, une belle suite de phrases parfaitement placées, dans le 4/4 le batteur démontre aux balais sa parfaite maîtrise de l’instrument et la richesse de son phrasé.  Retour du chant avec Love Me Or Leave Me, où, dans le solo de guitare, Eleonora Strino, chante les notes qu’elle joue… bel effet.  Puis c’est une composition d’ Eleonora Strino : Senza e c’è sta, jolie mélodie, les notes cristallines de la guitare s’écoulent avec bonheur.  Avec I Got Rhythm  on revient à un standard. Lors de l’improvisation les notes et les accords à la guitare défilent avec une vitesse et un phrasé époustouflants.  Et  c’est le dernier morceau de cette superbe prestation : It’s been a long long time, le public chante avec Eleonora Strino cette très belle mélodie empreinte de mélancolie, celle de se quitter bien sûr. Suivent les applaudissements nourris et chaleureux d’un public charmé par cette magnifique prestation. 

Ont collaboré à cette chronique :

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