(26) DrômeParfum de Jazz

19/08/2021 – Tullia Morand Orchestra à Parfum de Jazz

Ce soir  dans le cadre du superbe théâtre du Rocher ou théâtre de verdure de Pierrelatte nous avons le droit à du jazz « queen size ».

Le big band s’installe et Tullia Morand le lance avec Top départ, titre prémonitoire pour un échauffement qui n’en est pas un. Tout est en place dès les premiers mesures. La soirée débute sous les meilleurs augures.

Vient ensuite Pitou’s moment hommage à John Coltrane « probablement le meilleur saxophoniste jamais entendu ici-bas » composé par Pierre Mimran, ici le saxophoniste se fait flûtiste par humilité, de la pure orfèvrerie.

L’ami et pianiste Ludovic de Preissac a composé Toutes voiles dehors et l’a arrangée pour le big band, ça fuse de partout. Flûte, basse et saxophones nous emmènent sur des rivages lointains.

Tullia évoque la rencontre d’un ami en 2007 « sans qui la vie serait une erreur » allusion à la célèbre phrase de Nietzsche « la vie sans musique est tout simplement une erreur … » et donc sur Man in motion elle invite le danseur de claquettes Fabien Ruiz. Effectivement nous n’avons plus trop l’habitude de voir de danseurs de claquettes. Nous nous rappelons évidemment les miracles des Nicolas Brothers dans « Stormy weather » (1943). Mais là, en vrai sous nos yeux et oreilles cela reprend du sens. Fabien Ruiz est à la fois danseur et musicien.

Souvenir de l’Ile de Beauté, Tullia Morand a écrit une ballade en hommage à Thelonius Monk. Le morceau est Cognocoli.

Magic hands qui est aussi le titre de l’album publié en 2019 est dans une veine brésilienne et rend hommage au génie commun des hommes et des femmes, leurs mains. 

Tullia congratule le trompettiste Jean Gobinet et dit sa fierté de l’avoir dans son band, lui le pédagogue et l’initiateur de tant de talents, il a amené le morceau Be-bop and roses de Woody Herman.

Second morceau composé en Corse et finalisé lors d’un voyage à New York avec des sons de la ville : Guargale. Une entame incisive au baryton par la leader pour continuer sur une valse élégante avec des faux airs de Take Five par endroit.

Retour à du pur be-bop en hommage au plus grand saxophoniste alto, Charlie Parker avec un nouveau morceau Echorec, où l’on apprend qu’un nouvel album est sur les rails.

Avec Mister J., Tullia Morand s’attache à revenir à un style « jungle » façon Benny Goodman nous dit-elle. Elle laisse Fabien Ruiz, le compositeur de ce morceau démarrer par un solo de claquettes … et nous tombons sous le charme ! Les trompettes embrayent avec leurs sourdines puis avec l’orchestre, nous revoilà plongés dans un dance-hall à la Cotton Club. Les jambes et les pieds démangent.

Tullia a composé pour le cinéma. Une musique pour un court métrage qui se déroule dans un parking en petite formation devient pour le big band In the car park. La batterie pilote l’ensemble, les pupitres de cuivres enchaînent, la basse à six cordes de Ruben Lévy prend un chorus puis la flûte de Pierre Mimran, enfin Jerry Edwards se lève pour son premier chorus au trombone puis c’est au tour de Frédéric Delestré, à la batterie. Un morceau tout en contrastes vif et enlevé.

 

Arrive le moment de la prière façon New Orleans avec Pray.

 

Pour le final on reste à la Nouvelle Orléans avec le bien nommé Happy, and… qui évoque chez Tullia les nombreuses comédies musicales avec Fred Astaire et Gene Kelly qu’elle a vues et revues lors de son enfance. Et bien sûr on retrouve Fabien Ruiz.

Pour le rappel Tullia relance Mister J. avec un beau dialogue entre Fabien Ruiz avec la batterie puis le band.

 

Une très belle soirée au cours de laquelle nous avons pu apprécier la quasi totalité des musiciens lors de chorus. Une mention particulière pour les lumières et surtout pour les projections sur le « rocher de Gargantua » qui ont donné une dimension artistique supplémentaire à la belle performance du big band.

 

Pierre Mimran, Xavier Sibre: saxophones, flûte, clarinette ; Jerry Edwards, Martine Degioanni, Didier Havet: trombones ; Jean Gobinet, Philippe Slominski, Julien Matrot: trompettes ; Carine Bonnefoy: piano ; Rubens Levy: basse ; Frédéric Delestré: batterie ; Fabien Ruiz: claquettes ; Tullia Morand: direction, saxophone baryton

Ont collaboré à cette chronique :

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