(26) DrômeParfum de Jazz

21/08/2021 – Laurent Mignard Orchestra « Duke Ladies » à Parfum de Jazz

Chaque feu d’artifice se termine par un bouquet. Et là, ce soir ils n’ont pas lésiné sur la poudre. L’artificier en chef, Laurent Mignard, est fier de présenter son big band version « ladies » qui va dérouler le tapis au répertoire du Duke dans l’esprit du festival dédié aux jazzwomen.

L’intro orchestrale se fait sur Mr Paganini histoire de nous mettre en oreille et en appétit.

Ensuite Laurent Mignard nous proposera toute une série de thèmes du Duke histoire de faire ronfler le big band et de présenter quelques solistes :

Black beauty (écrit en 1927 pour le Cotton Club et pas une ride) introduit par Philippe Milanta au piano suivront Kinda Dukish, Sophisticated lady avec Olivier Defays en solo au baryton, une petite douceur.

Laurent Mignard est non seulement le boss de l’orchestre mais il est aux petits soins pour ses musiciens réglant les micros, replaçant les partitions, plaçant des épingles à linge là où il en manque histoire que tout se passe bien. Il s’attache à présenter chaque morceau en le restituant dans son contexte et en annonçant les solistes.

Rachelle Plas arrive sur Blues for New Orleans, grosse ambiance où tout l’orchestre met du sien pour l’accompagner. Rachelle qui envoie du lourd, une belle découverte que cette harmoniciste qui sort des sentiers battus.

Le trompettiste Claude Egéa est appelé devant pour pour jouer All heart de la suite composée pour Ella Fitzgerald, et du cœur il en met Claude Egéa sur ce solo langoureux à souhait.

Ensuite Laurent Mignard présente The tattooed bride qui joue sur l’accord « MW » (la jeune mariée était tatouée MW, à plusieurs endroits du corps) répété à l’infini par les différents musiciens, et le chef ne manque pas de nous le montrer au cours du morceau.

Duke Ellington était quelqu’un de « porté sur la chose », il avait développé une gamme de parfum du nom de Warm valley – particulièrement évocateur – qu’il envoyait à quelques élues au moment de Noël. Nous vous passons les allusions licencieuses évoquées par Laurent Mignard qui démystifie ainsi le Duke. C’est Carl Schlosser qui prend le chorus au ténor.

Arrive enfin la chanteuse Sylvia Howard pour I love you madly puis Rocks in my bed, titre qui a fait rosir la chanteuse.

Suit un morceau orchestral spécialement adapté à la Drôme : Lady of the lavender mist.

Avec Just squeeze me, Sylvia est de retour et fait le clown avec la complicité de Claude Egéa.

Sur le fameux Take the A train, l’orchestre se lâche et Laurent Mignard demande à Alain Brunet de monter sur scène pour scater avec Sylvia puis Rachelle Plas vient enlever le tout.

Le set s’achève sur The Lord’s Prayer, un extrait des « concerts sacrés »  du Duke et Sylvia Howard nous montre qu’elle n’a rien oublié de ses débuts en Gospel.

Chauffé à blanc le public obtient aisément un rappel où le band envoie la sauce avant le salut chaudement applaudi.

Ainsi se termine cette vingt-deuxième édition de Parfum de Jazz qui nous aura fait oublier cette période particulière. Nous quittons la Drôme avec une dose conséquente de bonnes notes.

Sylvia Howard: voix ;  Rachelle Plas: harmonicas ;  Julie Saury: batterie ; Aurélie Tropez: clarinette, sax ; Didier Desbois, Roland Seilhes, Carl Schlosser, Olivier Defays: saxophones ; Claude Égéa, Sylvain Gontard, Jérôme Etcheberry, Richard Blanchet: trompettes ; Nicolas Grymonprez, Michaël Ballue, Jerry Edwards: trombones ; Philippe Milanta: piano ; Bruno Rousselet: contrebasse ; Laurent Mignard: direction

Ont collaboré à cette chronique :

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