« Les hypnotiques Bad Boys du Jazz »

Le groupe star de la soirée dont on se souvient encore des passages à Jazz à Vienne et à l’Epicerie moderne (dans le cadre d’A Vaulx jazz), Hypnotic Brass Band, fait une entrée tonitruante et les sept frères accompagnés d’un batteur et d’un bassiste occupent largement la petite scène qui semble prête à craquer sous leur funk/Hip Hop/ Dub/ jazz/ Afro Beat/ Calypso : les musiciens vêtus en total ensemble en jean blanc chic (qu’ils ne vont pas tarder à enlever pour finir le set torse nus, aidés par une ambiance électrique !), entament le show avec une énergie et interactivité avec le public…Public parmi lequel on compte de nombreux représentants anglophones attirés par l’aura internationale du groupe.

Ils égrènent les titres de leur dernier disque, le bien nommé, « Bad Boys of Jazz » (sixième disque studio), mais également des titres de leurs albums précédents qui jalonnent leur carrière déjà ancienne de vingt années (la légende retiendra que les musiciens se sont fait repérer sur le quai du métro, les voyageurs, hypnotisés laissant tous partir leurs trains sans eux…).

C’est peu dire qu’ils font le show : un des musiciens est porté par le public qui s’est cette fois amassé devant la scène, à plusieurs reprises (dont à l’occasion d’un I feel good des plus réussis), et ils communient véritablement avec des morceaux enfiévrés dont le hip hop et le funk émergent largement dans l’orientation musicale. On se croirait parfois dans la série « Treme » avec ces fanfares généreuses qui brassent et enjambent tous les styles issus de la culture afro-américaine.

L’esprit reste d’ailleurs jazz, avec une place laissée à l’improvisation et la part belle aux harmonies des cuivres : ce sont bien les dignes fils de leur Phil Cohran de père (le trompettiste s’est illustré au sein du Sun Ra Arkestra), qui les obligeait à se réveiller à 06h00 adolescents, pour jouer du cor avant d’aller à l’école (rigueur musicale oblige),  et qui sont restés fidèles à la tradition paternelle exigeante autant qu’à la modernité urbaine et débridée des sons actuels. Ce n’est pas sans raison qu’ils ont joués à la fois aux côtés de Prince, Tony Allen ou Femi Kutti, mais également Snoop Dogg… Le public en extase en redemande encore et toujours et n’entend pas les laisser partir sans avoir au moins obtenu deux rappels, qui portent les Chicago’s Boys à encore davantage donner de leur personne.

Dommage que la formule en plein air avec cette petite scène exigu et mal fichue avec poteaux mal situés (également source de désagrément pour les photographes présents au concert), ne leur permettaient pas de s’exprimer entièrement. Au niveau du son et de la justesse des morceaux, cela a parfois contribué à donner un rendu brouillon à ces quatre trompettes (Gabriel Hubert, Amal Baji Hubert, Jafar Baji Graves, et Tarik Graves) deux trombones (Saiph Graves, Seba Graves), et un cor baryton (Uttama Hubert)… On se prend alors à rêver de les entendre dans les rues de Chicago ou de la nouvelle Orléans en mode fanfare pure, avec de l’espace pour libérer toute cette folle énergie hypnotique…Il est près de 23h quand le groupe quitte la scène…mais le groove a du mal à redescendre

Ont collaboré à cette chronique :

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