(69) RhôneJazz sur les places

16/09/2021 – Sébastien Félix Trio & Jazz Tango Quartet à Jazz Sur Les Places

C’est une histoire un peu ancienne.
Il y a quatre ans ici même, le Tango Jazz Quartet se produisait et Sébastien Félix qui était dans le coin, avait fait le bœuf sur un ou deux morceaux. Le courant était bien passé et les deux formations ont souhaité reproduire l’expérience.

C’est chose faite ce soir où le Tango Jazz Quartet entame le set avec ses compositions argentines qui associent avec bonheur le tango et le jazz.
Pas de bandonéon mais un piano, une batterie, une basse (électrique) et un soufflant au sax ténor et à la clarinette.
La fusion entre les deux genres est naturelle, comme évidente. Les compositions d’Astor Piazolla se prêtent bien à ces arrangements.

Arrive la seconde équipe, le trio de Sébastien Félix, qui embraye direct sur un tube de Django. En mode swing manouche, Sébastien oublie la case « tour de chauffe » et se lance dans un premier chorus ébouriffant.
Le morceau bascule sur Take the À Train où les deux formations qui se découvrent s’amusent et se synchronisent.
Retour à l’Argentine avec un somptueux Alfonsina y el mar au ténor. Sébastien et Grégory Aubert accompagnent d’une pompe légère . Esteban Félix est à l’affût pour anticiper la reprise. Sébastien se coule dans cette valse.
Alternance : on passe à All of me, il faut bien trouver des standards en commun. Les deux styles se confrontent et le tutti est enlevé.
Comme le dit Sébastien « c’est de la magie, nous ne parlons pas la même langue, nous ne jouons pas les mêmes styles, et pourtant nous arrivons à jouer de la musique, la magie de la musique ».

Le second set débute avec le trio et une version très manouche de The man I love de Gershwin où Esteban Félix se fend d’un chorus qui tire les compliments du père. Le fiston nous disait avant le concert qu’il était très fier de jouer en trio avec rien moins que Bireli Lagrène, un des dieux vivants de la guitare manouche.
Nuages est bien sûr attendu et apprécié. Vite enchaîné sur un Minor swing très classique.
Le Tango Jazz Quartet rejoint la scène pour une ballade tranquille.
Retour à du swing en commun avec une version très up des Feuilles mortes.
Et enfin l’incontournable Libertango.

Une rencontre bricolée au dernier moment, les musiciens vivants sur des continents différents, mais la mayonnaise a bien pris et il suffisait d’observer les regards pétillants qui s’échangeaient et la bienveillance mutuelle qui ont permis la grâce de cette rencontre « contre nature » sur le papier.

Sébastien Félix, Grégory Aubert: guitare ; Esteban Félix: contrebasse
Gustavo Firmenich: sax ténor, clarinette ; Horacio Acosta: piano ; Federico Hilal: basse ; Alejandro Beelmann: batterie,percussions 

Ont collaboré à cette chronique :

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