(69) RhôneJazz sur les places

18/09/2021 – Sébastien Félix invite Hugo Guerbaz à Jazz Sur Les Places

Sébastien Félix a presque sa loge attitrée dans ce festival. En effet, il en est à sa cinquième participation en douze ans.

Cette année, après une soirée de partage avec le Tango Jazz Quartet, il a souhaité nous faire découvrir un jeune prodige de vingt-et-un ans qui joue pour la première fois dans la région, le montpelliérain Hugo Guerbaz, un «gadjo » de surcroît !

Effectivement, c’est la surprise. Dès les premiers accords Sébastien se met à la pompe, c’est assez rare pour être souligné.

Et l’on découvre un jeune guitariste sans complexe alliant virtuosité et musicalité. Avec une belle gueule d’ange en plus !

L’entame se fait avec Night and day et se poursuit avec un premier standard de Django Mélodie au crépuscule.

Le jeu d’Hugo est cristallin et délié, un pur bonheur.

On poursuit avec une autre composition de Django Lentement Mademoiselle puis retour au song book avec Just one of those things de Cole Porter (joué également par le maître), ça va vite et c’est fluide. Et Esteban Félix sur sa « grand-mère » ne donne pas sa part au chat et nous gratifie d’un chorus très enlevé.

Un passage par Henri Salvador, Envie de toi. Encore une fois la sensibilité d’Hugo émeut Sébastien qui se délecte du jeu de son invité.

Fin du premier set sur la « Marseillaise »  du swing manouche, Minor Swing, dans une version brillante qui surprend une fois de plus Sébastien… et nous avec. Alors forcément Sébastien et Esteban montent dans les tours. Le public est chauffé à blanc.

Reprise du concert avec un standard de jazz à la sauce swing : The man I love de Gershwin.

Hugo choisit ensuite le Troublant Boléro de Django, morceau suave.

Alternance avec Tea for two suivi de Brazil qui pousse le public à applaudir en rythme.

Changement d’univers avec Django’s Dream une adaptation (créée en 1947) de la Rêverie de Claude Debussy. Ici et c’est le moins que l’on puisse attendre, le morceau est interprété avec une grâce superbe. Sébastien nous avoue que c’est la première fois qu’il le voit jouer avec lui.

On poursuit dans la veine classique avec La valse de l’adieu de Frédéric Chopin sur un arrangement de Bireli Lagrène. Peut-être un clin d’œil d’Esteban à son prochain partenaire de scène du 2 octobre à Stuttgart ?

Grosse surprise pour finir, Sébastien invite deux amis accordéonistes qui ne se connaissent pas . Nous avons le plaisir de revoir Marian Badoï après une longue éclipse française et l’étoile montante de l’accordéon et touche-à-tout Jean-Baptiste Baudin. Le quintet se lance dans Les yeux noirs … et ça tourne grave de part et d’autre. La soirée se finit en apothéose en dépit des trombes d’eau qui s’abattent sur Lyon.

Une chose est sûre,il faudra désormais, faire avec Hugo Guerbaz (et remercier Sébastien de nous l’avoir présenté).

A l’issue du concert, avec Sébastien, nous avons eu une pensée pour Judy Rankin qui a tant œuvré pour le développement du swing manouche et qui n’était pas présente ce soir.

Ont collaboré à cette chronique :

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