(38) IsèreLes Détours de Babel

25/09/2021 – Adama Drame & Marc Chalosse aux Détours de Babel

Le centre International des musiques nomades, installé dans le théâtre Sainte Marie d’en Bas à Grenoble, accueille ce soir dans le cadre des Détours de Babel une création étonnante SANDJi.

Sandji, qui veut dire pluie en bambara, est un hommage à la nature, et a été joué pour la première fois la veille à Chambéry, où elle a été créée. Il s’agit d’une collaboration entre le griot djembéfola Adama Dramé et le compositeur et pianiste Marc Chalosse.

Adama Dramé, maître Djembé depuis très longtemps a toujours trouvé son inspiration dans les musiques traditionnelles de son pays le Burkina Faso. S’il revendique son attachement à son identité africaine, il a toujours exploré d’autres voies, d’autres rythmes.

Il a ici tenté, et réussi, un projet original visant à découvrir de nouvelles sonorités avec ce « dejembétonic » ou djembé 2.0, associant l’instrument traditionnel à une panoplie électronique. S’ajoute à cela un dispositif visuel étalé sur cinq écrans géants qui fait danser sous nos yeux des images anciennes de la vie à la ferme selon les saisons, ou les mains d’Adama frappant sur la peau de son instrument grâce à la caméra pointée sur celles-ci.

Ce sont donc trois univers qui se rencontrent, se culbutent, s’enrichissent.

Adama, très beau dans son costume de griot coloré, aux doigts agiles et souples, est toujours ce musicien inspiré qui nous transporte aisément dans son monde chaleureux, jouant aussi de sa voix. Marc l’accompagne au synthétiseur, amplifiant s’il le sent les sonorités du maître. Il a recueilli lui même au Burkina de la matière sonore, des voix chantées ou parlées de griots, des sons d’instruments anciens.

Au gré de ses improvisations, Lara Bourrel aux commandes de son ordinateur rythme les images qu’elle diffuse en symbiose avec les notes,  l’intensité du moment, l’évocation des saisons. 

Il arrive que la transe s’installe, les images saccadées nous y transportent.

Avec cette ode magnifique à la nature, où l’électronique percute la tradition, et la tradition percute l’électronique, Adama nous rappelle que nous devons la protéger.

Ce fut un moment de grâce et de chaleur.

 

Ont collaboré à cette chronique :

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