(38) IsèreGrenoble-Alpes-Métropole Jazz Festival

07/10/2021 – Milena Moutafian et Tangram pour le Grenoble Alpes Métropole Jazz Festival

L’école de la musique de Meylan accueille ce soir de jeunes artistes de talents, nos grands musiciens de demain.

En première partie, Milena Moutafian, qui fut découverte en 2018 dans l’émission The Voice. Depuis, elle compose et se produit sur scène. Cette jeune Franco-Arménienne, installée à Grenoble, écrit en arménien , sa langue natale, ou en français, et s’accompagne à la guitare.

Elle est ce soir accompagnée de deux guitaristes et d’une batterie. Sa voix fine alterne les rythmes tendres et dynamiques. Parfois, sans guitare, sur une mélodie caressante, les paroles susurrées se transforment en cris stridents. Pour son final, La Belle Étoile, elle est seule à la guitare et chante d’abord avec sensibilité puis avec beaucoup d’énergie. Ses musiciens la rejoignent et l’entourent.

La deuxième partie nous fait découvrir Tangram, un quintet qui célèbre la musique de Paul Motian, batteur de jazz et figure particulière du jazz post-bop, complice de Keith Jarrett entre autres jazzmen, avant de devenir un meneur de groupes à partir des années quatre-vingt.

Le groupe démarre sur Asia, par une introduction au saxophone ténor. Les soufflants, très présents, sont rejoints par la délicatesse de la contrebasse, de la guitare et de la batterie.

Pour Byablue, écrit dans les années soixante-dix, que Motian a joué avec Keith Jarrett, la chaleur, l’émotion, la délicatesse dominent, servies par un solo de saxophone et les pincements de la contrebasse.

La batterie adopte un tempo chaloupé pour Mandeville. On se balance en rythme. La trompette bouchée chante sur la voix du saxophone tandis que les autres musiciens nous amusent avec sensibilité.

Une version très personnelle de Motian pour Jardin d’ Eden : la guitare échange ses cris avec les cuivres, la contrebasse gronde au son de la trompette. La batterie se fait discrète, presque indolente. La trompette chante et somnole. Le saxophone revient sur les vibrations de la contrebasse.

The Story of Maryam est un hommage à la tante du compositeur, d’origine arménienne, qui a émigré aux États-Unis. La guitare est douce, les balais frottent les caisses et les cymbales, les cuivres soufflent, la contrebasse demeure grave dans sa lenteur. Puis la mélodie devient plus joyeuse, le saxophone chantonne, les cordes égrènent les notes, la batterie s’amuse. Quel bel hommage pour cette vie tumultueuse !

La soirée se termine sur India. Quelques battements sur les tambours retrouvent ceux de la guitare, discrètement. Le saxophone, profond, entraîne la contrebasse, calmement, puis chantonne, vivant, avec le bugle avant de s’éteindre.

Le public, attentif toute la soirée, applaudit chaleureusement et demande un rappel. Ce sera une petite berceuse pour partir paisiblement. Douce batterie, trompette bouchée, gracieuse clarinette, guitare et contrebasse graves et harmonieuses nous ont ravis !

 

  • Milena Moutafian : chant, guitare, auteur compositeur
  • Steven Criado : guitare électrique et effets ; Yannick Pirri : trompette et buggle ; Aymeric Sache : saxophone ténor et clarinette; Renaud Cholewa : batterie, percussions ; Romain Stochl : contrebasse, professeur au conservatoire de Meylan

 

 

NDLR : Tant Chantal Hardy que Pascal Kober nous ont expliqué à l’issue du concert que l’éclairage était effroyable . Pour preuve les mots de Pascal Kober qui a pourtant un gros parcours en photos de concerts : « ampleur du désastre… 
Le quintet Tangram a été éclairé tout au long de son concert au centre du plateau où il n’y a jamais eu… personne, sans le moindre projo sur les zicos en périphérie !
En photo, on appelerait ça du vignetage 😉
Quant à la petite Miléna, on lui a fait une tête cadavérique…

pratiques, hélas de plus en plus courantes ! »
Ce n’est pas servir les artistes que de procéder de telle façon. Un éclairagiste devrait être au service du spectacle qu’il est sensé magnifier.

Ont collaboré à cette chronique :

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