(38) IsèreGrenoble-Alpes-Métropole Jazz Festival

13/10/2021 – Alfio Origlio & Célia Kameni Quartet au Grenoble Métropole Alpes Jazz Festival

L’Oriel de Varces reçoit le Grenoble Alpes Jazz Festival depuis plusieurs années avec grand plaisir. Ce soir, la salle se remplit, se remplit … La salle est pleine !

Alfio Origlio, reconnu par ses pairs comme l’un des meilleurs pianistes de jazz de la scène française, nous présente ce soir une recomposition de standards de la pop et de la soul music. Avec Célia Kameni, dont la voix profonde et chaleureuse éblouit, ils sont impatients de retrouver leur public.

Pour The Secret life of Plants, succès de Stevie Wonder, Célia démarre posément. Le piano, précieux, la rejoint. La voix devient plus grave et chaude. La batterie et la contrebasse les enveloppent tranquillement. Le piano chante lui aussi, heureux. Célia poursuit de sa voix tantôt éclatante, tantôt aérienne. Un très bel hymne à la nature apprécié de tous.

Écrit par John Lennon et chanté par les Beatles, Norwegian Wood, est introduit par Zaza Desiderio, les baguettes feutrées alternant vigueur et douceur avec sensibilité. Celia, a capella, s’exprime avec émotion. Le piano la rattrape furtivement. Brice Berrerd à la contrebasse, discret, renforce le sentiment d’extase. Célia laisse place aux musiciens et se balance, comme une branche au gré du vent. Les musiciens, maintenant très présents, poursuivent, puis mettent en valeur la voix. Celle-ci se fait plus délicate. Les murmures mélodieux s’éteignent paisiblement. Le public est ravi !

Pour Caravan, de Duke Ellington, Alfio frappe fermement ses touches puis frôle le clavier, Brice pince résolument ses cordes, la batterie enchaîne. La voix alterne puissance, cris retenus, elle psalmodie, de plus en plus vive… Tout s’accélère quand la voix monte, puis se calme en grondant. La contrebasse se démène et emplit l’espace. Des applaudissement bien mérités crépitent. Le thème se termine sur les clameurs de chaque musicien !

Un morceau très important pour Célia, chanté par Gregory Porter : No Love Dying.

Gravité, profondeur, puissance. Sereinement, Zaza frotte ses caisses avec les mains, nous envoûtant. Le piano coule tranquillement. Plus joyeuse, Celia termine et murmure « for you and me ».

Se suivront des succès de Nina Simone, très tendre, ou de Jimmy Hendrix, mêlant douceur et éclat dans une explosion de couleurs.

Alfio, attentif à tous, a remercié les organisateurs : La salle de l’Oriel, le jazz club de Grenoble, les techniciens qu’il a nommés personnellement, mentionnant ainsi ses attaches à la région grenobloise.

Après une élégante introduction au piano, Célia, superbe de tendresse, enchaîne les mots du Blues Indolent. Soudain, la batterie éclate, la contrebasse paresse lentement jusqu’à ce que l’ensemble nous submerge ! La salle applaudit à tout rompre, les pieds battent sur les gradins !

Le rappel est demandé, avec enthousiasme. Ce sera Master Blaster, énorme titre de Stevie Wonder. On bat des mains, on se balance. Quelle ambiance ! Célia se trémousse, radieuse. Ses compères, aux anges, jouent à cœur joie ! Le public, très présent, ne se lasse pas. Ensemble, ils claquent des mains, des doigts, ils chantent, murmurent et s’éclatent !

On ne peut laisser partir nos artistes ! Ils reviennent et Alfio annonce un morceau … de jazz (évidemment) qu’ils adorent jouer : Afro Blues. Zaza à la batterie, avec les mains et les pieds, joue avec la dextérité qu’on lui connaît. Brice, à la contrebasse, rapide, précis, l’accompagne. Les onomatopées vibrantes leur emboîtent le pas. Le piano, réservé, scande la mélodie. Ampleur, puissance, vitesse, un solo de batterie nous submerge !

Entre émoi et fougue, nous avons chaviré et sommes repartis emballés !

Tout le programme sur https://www.jazzclubdegrenoble.fr/

Ont collaboré à cette chronique :

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