(38) IsèreGrenoble-Alpes-Métropole Jazz FestivalLa Source

16/10/2021 – Mathieu Saglio Quartet à La Source pour le Grenoble Alpes Métropole Jazz Festival

Un voyage initiatique au Grenoble Alpes Métropole Jazz Festival

 

Tout comme le contrebassiste Renaud Garcia-Fons, avec lequel il a de multiples points communs, le violoncelliste Mathieu Saglio et son quartet, nous offre, non pas un concert, mais un voyage initiatique. Son dernier opus « El Camino de los Vientos » sorti en 2020, nous emmène sur un parcours mystique comme celui de l’alchimiste de Paulo Coelho.

Une musique fusion de classique occidental, jazz arabo-andalou, airs traditionnels arabes, flamenco, qui transpirent la sensibilité de cet ex-agronome français qui s’établit en Espagne à Valence. Cette transhumance vers le sud, construisit un univers musical mélange des cultures vibrantes de ce continent liquide qu’est la Méditerranée.

Ambiance ombrée, Matthieu Saglio ses premières notes par un solo accueillant je vous salue. Soutenu par Steve Shehan, un franco-américain expressif aux percussions et un Christian Belhomme tout en nuance aux claviers, ils entament Amanacer l’aube de ce concert. Les plages de son dernier album défilent, véritable melting pot de couleurs, voire de saveurs, qui nous élèvent et nous transportent vers les hauteurs des alizés atmosphériques. Boléro triste pas si triste que cela, puis Metit incantation africaine, couleur suave du Sénégal, se succèdent. Il donne de la voix et chante cette mélopée.

De l’ouest africain, le vent du large nous transporte vers les Indes épicées avec Atman. Léo Ullmann, le quatrième de ce quartet, se joint au trio pour nous accompagner sur le chemin, accent de Czardas, voyage sur mer jusqu’aux abords indiens du désert du Thar. Léo et Matthieu, mêlent leurs phrasés identiques, complicité extrême de ces deux jumeaux musicaux, dont on a du mal à dissocier, lequel on entend. On se perd pour mieux se retrouver, exposés aux vents de l’inspiration féconde de ces notes exotiques et de cette transcendance giratoire.

Sensibilité, précision des mouvements, vibrations subtiles Mattieu Saglio joue autant de l’archet que de ses doigts, pizzicati évanescents, ou notes sourdes de basse. Puis nous reprenons Caravelle pour le retour sous la baguette de l’énergie débordante du vigoureux Steve Shehan, très en verve ce soir, voyage mêlant les souvenirs du boléro de Ravel. Dans ce quartet, Matthieu Saglio laisse la part belle à ses équipiers, malgré les solos, il y a un bel équilibre dans ce partage musical. El Abrazo en hommage à son grand père plein d’amour nostalgique, puis un intermède, dans la set liste constituée uniquement des compositions de Matthieu, avec All Blues de Miles Davis revenant aux codes profonds du jazz et permettant au batteur de nous transmettre toute son énergie et sa musicalité.

Las serenas dialogue entre violoncelle et percussions, nous rapproche de la fin de ce voyage imaginaire. C’est l’appel du muezzin qui habituellement fait l’intro, nous permet d’aborder notre rivage

Double rappel pour ces chemineaux vertueux qui nous ont entrainés dans une introspection éthérée.

Ont collaboré à cette chronique :

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