(42) LoireLe Solar

06/11/2021 – Nora Kamm « Triba » au Solar

Peu avant le début du concert la bonne nouvelle (pour ceux qui sont dedans) « désolé le concert est complet » entendons nous à l’entrée. La bonbonnière du Solar a encore une fois fait le plein.

Ludovic Murat, l’heureux Président de GagaJazz fait donc les présentations et invite le groupe à rejoindre la scène.

On se rappelle de Nora Kamm depuis ses débuts en France, une jolie jeune fille un peu réservée sur scène, par timidité probablement, bonne technicienne sur ses instruments. Ici, avec ce projet elle trouve son truc. Nora revient donc dans la région avec son nouveau groupe, son projet « Triba ». Les rencontres datent parfois de moins d’un an mais on comprend vite que ces cinq-là s’entendent déjà très bien. Une belle partie de l’Afrique est représentée : le batteur Dharil Esso vient du Cameroun ; le claviériste Edison Knight de l’Île Maurice ; le bassiste Ranto An’i Avo Rakotomalala, vous l’aurez deviné, de Madagascar et le percussionniste Davy Honnet, son premier concert avec le groupe, est franco-ivoirien. Quant à Nora elle aime à dire qu’elle vient d’Africa « am Main ». Elle danse, elle joue, elle bouge, elle chante, elle échange avec le public, elle exulte. Une Nora transfigurée.

 

Le concert débute avec Tu m’a andem, la tonalité est donnée d’emblée, c’est de l’Afro, ça chaloupe grave, Nora est au sax alto et danse avec.  Edison Knight nous gratifie d’un superbe chorus au synthé qui accroche bien l’oreille

Suit Lazy lady est une reprise d’un titre du répertoire du Trio Dreisam toujours sur un rythme Afro-Caraïbes électrique .

Le tandem basse batterie est le socle indissociable de la formation. Ces deux-là envoient du pâté sans être lourdingues bien au contraire et le reste suit.

Light débute par un chorus de basse tout aussi somptueux qu’élégant. Puis Nora devient un peu chanteuse et entraîne le public sur quelques vocalises. Son projet l’a vraiment changée.

On passe à une chanson d’amour qui tient particulièrement au cœur de la saxophoniste Adam & Eve.

On file au Mali pour Amber yeke le ye. Nora passe au sax soprano et aux vocalises.

Sur Lead mare Nora alterne alto et flûte et ça balance superbement … mais on n’a encore rien vu . Cela s’emballe sur Chuku Chuku (« Faire l’amour » dans un dialecte du Niger). On vire sur de l’afrobeat bon teint et encore une fois le bassiste est à la fête.

On calme le jeu avec First flight une jolie ballade.

November Forest est un morceau qu’elle a enregistré avec du beau monde : Paco Sery ou encore N’Guyen Lê. Nous avons hâte de découvrir cet album.

Le rappel se fait sur un titre Afro-funk sans équivoque Africa my love.

Ainsi se conclut ce set généreux de près d’une heure et demie que l’on n’a pas vu filer.

Quel bonheur de se retrouver dans ce nouveau club de Saint-Etienne qui a dû refuser du monde pour ce concert chaleureux et énergisant.

 

voir aussi l’entretien de Michel Martelli avec Nora Kamm

Ont collaboré à cette chronique :

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