(01) AinJazz à Fareins

26/11/2021 – Camille Bertault Quartet à Jazz à Fareins

Les musiciens entrent chacun a leur tour et s’installent à leur instrument comme il en est d’usage depuis quelques temps et « la Princesse Mulan », pardon …, Camille Bertault,  arrive un chignon campé sur le haut du crâne et un tailleur pantalon du plus bel effet, couleur automnale oblige, jaune et noire moirée,  et des chaussures de couleur vive, le décor est planté, poétique et déjanté

Dès la première chanson la voilà perchée ce qui va bien avec le titre Je suis un arbre. Déjà des prouesses vocales mais aussi une gestuelle de haut vol.

Elle est accompagnée d’un trio, on attendait un quartet avec Minino Garay, mais au dernier moment il a préféré se consacrer à une autre date. La province ne doit pas avoir le charme de la capitale. Il a tort car on y trouve aussi de vrais amateurs.

Bref derrière son trio avec dans l’ordre d’apparition Donald Kontomanou à la batterie ; Christophe Minck à la contrebasse et au Moog et Fadi Farah au piano. Ce sont les accompagnateurs habituels de Camille Bertault.

La chanteuse nous précise, mais nous l’avions compris que ce set serait consacré à son dernier opus « Le tigre », des compositions de son cru et en Français s’il vous plait. Et oui, on peut jazzer dans la langue de Molière, si, si !

Pour preuve cet ode à la musique La muse, il ne manquait qu’Euterpe.

Je vieillis est le constat de l’avancement dans l’âge ( « j’ai déjà trente ans »). Paroles sarcastiques et amusantes superbement interprétées avec la seule contrebasse.

Arrive, au loin, Le tigre qui a donné le titre à l’album et inspiré du poème de Rimbaud « Le dormeur du val », attention aux perceptions qui ne sont pas la réalité. Un exercice poétique et vocal.

Sur There is a bird elle met ses musiciens au chômage technique et rejoint le piano pour interpréter sa version de la chanson.

Camille a écrit aussi des haïkus musicaux en 5 / 7 et 5 temps comme ce Sauvé par le gong. Vocalement c’est un peu particulier un mélange de son modulé , une sorte de chant des oiseaux, mais cela fait partie du personnage de bande dessinée orientale.

Sur Dreams, en trio contrebasse, batterie et voix on apprécie les qualités de siffleur de Christophe Minck. Un morceau tout en douceur.

Avec Tous ego on retrouve son attachement à Boris Vian où la référence à J’suis snob est patente.

On bascule sur son précédent album « Pas de Géant » (Giant step) avec le titre Certes une autre de ses compositions.

Sur Nouvelle York Camille et Donald se font surprendre par Fadi Farah qui utilise les touches de grave supplémentaires du piano Impérial. Et la chanson débute par une vocalise qui ressemble à s’y méprendre à une sirène de police, de celle que l’on entend dans les films américains et que l’on identifie instantanément. La chanson se poursuit avec une série de clichés et de jeux de mots sur le thème et un superbe chorus de contrebasse.

Camille achève son concert comme d’habitude avec Todo list. Enfin le scat qui est sa marque de fabrique !

Pour le rappel on file au Brésil avec une reprise de Foro Brazil d’Hermeto Pascoal un compositeur bien barré qui sied à ravir à la Bertault. Un magnifique exercice de style, bluffant et un public totalement conquis.

 

Voir aussi l’entretien de Michel Martelli avec Camille Bertault.

 

Ont collaboré à cette chronique :

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