(38) Isère

26/11/2021 – « … Et autres chants d’oiseaux » – La Forge au Théâtre Sainte Marie d’en Bas à Grenoble

Le collectif « La Forge » fête ses vingt ans

C’est avec le soutien du CIMN (Centre International des Musiques Nomades) que La Forge – Compositeurs Improvisateurs Réunis –  célèbre ce soir et demain soir ses vingt ans. Avec plus de sept cents concerts à leur actif, de nombreuses créations et d’invitations d’artistes, François Raulin au piano, Pascal Berne à la contrebasse et Michel Mandel aux clarinettes, interprètent un jazz qui se joue des frontières. Ce soir c’est l’oiseau, premier compagnon de cette nature qui nous environne, qui inspire nos musiciens. Leur création musicale revient aux sources du matériau des chants d’oiseaux.

Bernard Faure, musicien et ornithologue, travaille depuis longtemps sur la musique électro-acoustique en espace naturel. Il nous fait découvrir ces enregistrements de chants d’oiseaux sous des aspects inattendus.

La contrebasse, profonde, au centre de la scène, la clarinette, vibrante, le piano, un peu sourd, nous introduisent dans cet univers.

Ainsi, nous découvrons la huppe fasciée et son cri. Bernard pointe aussi son port droit et la puanteur de son nid qui fait reculer ses prédateurs.

La mésange charbonnière suivra. Les musiciens accompagnent son chant.

Sur la table de Bernard, une grosse boule de gui fraîche attire le regard. «On peut s’embrasser sous le gui…» Les boules sont couvertes de colle blanche dont les oiseaux comme la grive grêle sont friands.

Mais revenons à la mésange, dont le chant accompagne nos printemps et nos étés. En automne et en hiver, son alimentation est essentiellement végétarienne. Alors, elle s’agrippe à une branche de gui, par exemple, casse la noix et mange les graines. Parfois, elle échoue, les graines tombent dans l’arbre et l’année suivante, deux feuilles de gui apparaissent.

La clarinette chante comme l’oiseau l’hiver accompagné du groupe.

Le pic flamboyant tambourine le tronc de l’arbre. Il se place exactement là où, accroché, il pourra frapper environ vingt fois par seconde, tout comme les trilles du piano… Les percussionnistes ont repris les techniques du pic !

François tapote l’intérieur d’une calebasse imitant ainsi le pic.

Mais comment les oiseaux apprennent-ils à chanter ? Des expériences ont été menées, isolant un œuf de rossignol dans une volière pour constater qu’à la naissance son chant est vraiment basique. Entouré d’oiseaux différents, son chant devient plus riche. Si on ajoute un rossignol à ces oiseaux variés, le jeune rossignol adopte le chant de sa famille. Si on ajoute le papa du rossignol, le jeune adoptera le chant de son père plus ses propres notes, et ainsi de suite pour chaque génération. Le chant des oiseaux n’a pas fini de nous éblouir !

Le coucou d’Europe chante son nom. Les passereaux sont de grands chanteurs.

La clarinette fait merveille. L’ensemble échange ses notes avec celles des oiseaux.

Reconnaît-on les instruments ou sont-ce les oiseaux ? Nul ne sait ! Mais quel orchestre ! Quel plaisir ! Quel émerveillement !

 

Pascal Berne : contrebasse ; Bernard Faure : électro-acousticien ornithologue ; Michel Mandel : clarinettes ; François Raulin : piano, composition..

 

Retrouvez toute l’histoire et la créativité éblouissante de ces musiciens chercheurs créatifs d’ouverture internationale sur https://www.laforgecir.com/

 

Ont collaboré à cette chronique :

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