Dernière soirée de cette dix-huitième édition de Jazz à Fareins avec un seul nom à l’affiche Vinx.

Ces quatre lettres cachent en fait un trio d’accompagnateurs piloté par Tony Match (le frère de Paris, désolé … cela m’a été soufflé) et un quintet de chanteuses en devenir où tout simplement passionnées et « Monsieur voix »: Vinx.

Ce nom ne nous dit pas grand chose. Normal, il a fait sa carrière outre-Atlantique dans l’ombre des plus grands comme choriste et s’est désormais installé en France, alors on risque de le recroiser.

Avant que la vedette n’arrive, le trio nous met en appétit avec un Mo Better Blues bien étiré qui permet au public de nouer un lien avec ce groupe inconnu au bataillon.

L’imposant Vinx s’installe sur une chaise devant le micro central et commence à nous montrer de quel bois sa voix se chauffe, avec un morceau vocal de son cru. Du brio ! Examen de passage réussit haut la main.

Puis on réunit les deux composantes, la voix et le trio avec des standards comme ce Summertime très travaillé.

Une voix qui sait tout faire sur un micro et des effets « gadgets » sur le second.

Bien sûr Vinx est un expert dans le maniement du looper, et il construit un accompagnement à quatre ou cinq voix (voire plus) avec une assurance déconcertante. Une grosse maîtrise du rythme donc.

Plus surprenants sont les effets associés au second micro (celui à jardin) qui lui permettent de transformer sa voix en xylophone, en basse ou en tout autre instrument, à sa guise. Pas toujours du meilleur goût quand on entend ce qu’il offre à cour.

Il s’autorise un morceau très long ainsi sans recourir à ses musiciens. A cela rajouter une tessiture qui s’envole dans les aigus et également dans les basses bien lourdes.

Petite pause et reprise sur un Nature boy, à la façon Vinx (ce qui n’est pas sans nous rappeler Al Jarreau à ses débuts).

Il est temps de partager la scène avec les « élèves » de la Masterclass de l’après-midi. Cinq chanteuses (de jardin à cour : Nina ; Mathilde ; Eve ; Leslie et Djohra) tentent l’expérience de la scène aux côtés de Vinx. Cela commence par une composition du boss : Talk to me like that où les chanteuses font le chœur puis se lâchent pour un petit scat, on bascule sur un surprenant I shot the sheriff (de Bob Marley), pas du tout prévu au programme,  bien chargé en basse avant de revenir sur le thème initial, au passage Vinx nous gratifie de quelques curiosités de son cru.

Deuxième exercice : le standard. Et ce sera Fly me to the moon. Vinx l’entame à sa manière, puis chacune reprend un couplet.

Après quelques circonvolutions vocales, Vinx et son trio reviennent pour un rappel sur une version très cool du tube de Bill Withers Ain’t no sunshine.

Le public farinois est ravi d’avoir pu entendre et voir en vrai un tel magicien de la voix.

Vinx: voix, effets ; Tony Match: batterie ; Gregoire Aguilar: piano ; Nicolas Mirande: basse

Ont collaboré à cette chronique :

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