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30/11/2021 – « Pas de deux : Tchaïkovsky & Ellington » à l’Opéra de Saint-Etienne

C’est une soirée prévue il y a deux ans qui nous est enfin donnée. Un « pas de deux » entre musique classique et jazz. D’un côté l’Orchestre Symphonique de Saint-Etienne Loire (OSSEL) et une œuvre archi-connue de Piotr Illitch Tchaïkovsky : son ballet Casse Noisette. La réponse sera apportée par le Big Band du CRR de Saint-Etienne dirigé par Ludovic Murat avec Duke Ellington et sa version de Nutcracker (Casse noisette) ; un morceau très rarement joué The Three Black Kings qui célèbre les rois Balthazar (le mage), Salomon et … Martin Luther King.

Enfin les deux formations fusionneront sur The Night Creature d’Ellington.

Avant la représentation, Ludovic Murat et le premier violon de l’orchestre Mathieu Neveol, échangent sur leurs versions des interprétations avec les styles de chacun. Le jazz serait, nous rappelle Ludovic, avant tout une sensation rythmique alors que Mathieu Neveol s’attache plus à la précision du suivi de la partition.

Ils nous donnent à entendre quelques mesures de certaines œuvres proposées ce soir sur un mode classique et sur un mode jazz. Évidemment ça sonne différent!

Ludovic  nous fait part de la difficulté qu’a le big band de suivre un chef d’orchestre classique, ce soir il s’agit du chilien José-Luis Dominguez-Mondragon. Chaque partie doit faire un pas vers l’autre.

Les orchestres s’installent, puis le premier violon salue pour l’OSSEL, enfin le chef fait de même. Le protocole est respecté.

Le premier mouvement de Casse Noisette est donné. Le chef va s’asseoir. Les projecteurs mettent l’accent sur le big band de Saint-Etienne dont les musiciens sont positionnés au centre de la fosse. Première partie de Nutcracker. Pas du tout le même tempo mais on s’y attendait.

Les feux se rallument pour le mouvement le plus connu de Casse Noisette puis son pendant ellingtonien. Sur la deuxième intervention du big band, le public des jazzeux peu avertis des codes du genre s’est permis une série d’applaudissements… mais cela ne se reproduira pas avant fin de Casse noisette / Nutcraker.

Le chef fait lever différents pupitres les uns après les autres pour être ovationnés par le public. Le big band a été bien gâté.

Une idée brillante que ce mélange des genres en imbriquant les deux œuvres.

L’entracte achevée, place à The Three Black Kings l’orchestre est au complet et seul Ludovic Murat, Franck Boyron et le batteur Anthony Teyssier interviennent pour le big band. Cette pièce composée par Ellington pour un orchestre symphonique est très romantique mais propose quelques passages débridés et rythmés avec des saveurs cubaines.

Arrive la dernière œuvre, The Night Creature qui est une pièce vive dédiée à la danse. Des harmonies chatoyantes et des arrangements subtils. Un régal pour les oreilles. Ici le big band au complet est intégré à l’orchestre symphonique . Le second mouvement est très vif et quand toute la formation joue forte, ça ronfle sévère.

Chose rare pour un orchestre symphonique, le public enthousiaste obtient un rappel avec le troisième mouvement de The Night Creature.

Ont collaboré à cette chronique :

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