(42) LoireThéâtre de Roanne

22/01/2022 – Michel Bénita New Quartet « Looking at Sounds » au théâtre de Roanne

L’association Le Papillon Bleu invite ce soir Michel Bénita et son quartet qui nous présentent leur dernier album sorti il y a un an : « Looking at Sounds »

Le contrebassiste débute seul avec Dervish Diva  ; il installe une ritournelle, vite rejoint par le batteur à mains nues, puis le bugle dans une ambiance très intimiste soutenue par le Fender Rhodes (enguirlandé par une multitude de fils). Le morceau évolue, le son enfle pour s’éteindre sur l’archet de la contrebasse.

 

Bugle et contrebasse se répondent dans Barroco avec une grande douceur et l’arrivée de la batterie et du clavier se superposent à merveille.

La soirée continue avec Elisiane, hommage à la chanteuse Brésilienne Elis Regina. Le rythme est installé par la contrebasse et la batterie ainsi que par Jozef Dumoulin tapant sur un petit micro, un des multiples rajouts à son Fender, auxquels se joint le bugle. Michel Bénita nous enchante avec un chorus tout en fluidité et on ne peut que constater la grande connivence entre le contrebassiste et le batteur !!!!!

Sans interruption nous voilà projetés dans Paysage inutile, composition d’Antonio Carlos Jobim, avec des bruitages des plus surprenants créés par Philippe Garcia avec le tapotement ou le frottement d’un micro sur les peaux et les cymbales de sa batterie. Nous voici dans un monde parallèle au-dessus duquel plane le bugle de Matthieu Michel, le fribourgeois de l’équipage, qui marque les ambiances d’une influence tout helvétique, tendance Erik Truffaz, rondeurs éthérées du phrasé, son velouté et pur, harmonies ciselées qui s’étirent à n’en plus finir.

Le morceau suivant, Looking at sounds, est un hommage au trompettiste Jon Hassel disparu en juin 2021, grand expérimentateur des musiques atmosphériques. Il débute au Fender Rodes avec des sons très variés amenant petit à petit le rythme puis le thème avec des sons de cuivres. Le quartet tisse des nappes sonores qui semblent s’envoler dans le vent, pour finalement disparaître dans un dernier souffle.

Après une disgression sur le concours de l’outillage du parfait bricoleur à la richesse sonore du clavier bardé de pédales d’effets, une berceuse nous amène en douceur vers Islander sur un rythme décalé et léger de Philippe Garcia sur lequel se pose le thème au clavier. Sur le chorus de Mathieu Michel la rythmique fait monter la sauce, et pousse le bugle à sortir de ses retranchements ; s’ensuit un bavardage général du quartet et le morceau s’éteint doucement sous l’archet de la contrebasse. Nous enchaînons avec Marée basse avec le flux et le reflux au Fender et une écoute très attentive de chaque musicien sur cette ballade.

En rappel, Michel Bénita nous expose Back from the moon, titre issu de « River Silver », album enregistré avec le groupe Ethics.

 

Musique surprenante que celle de Michel Bénita qui, sous ses airs sages et bien polis, nous prend parfois au dépourvu par ses explorations sonores inattendues ; un clair-obscur, en quelque sorte, …… que l’éclairagiste a indéniablement bien intégré.

Ont collaboré à cette chronique :

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