(42) LoireLe Solar

01/02/2022 – Christian Sands « Be water » au Panassa

Sands l’enchanteur

Christian Sands arrive tout sourire sur la superbe scène du Panassa (ancienne salle Jean Dasté) qui va servir d’écrin à ce concert magique.

Le premier morceau annonce la couleur : élégant, raffiné, précis, libre, Christian est un virtuose.

Une main droite qui danse littéralement sur le clavier, le corps et l’âme totalement dévoués à sa musique qui n’est que le prolongement de son être… Une main droite d’alien avec une dextérité hors du commun, qui vient jouer avec le clavier dans une énergie incroyablement vivante, toujours dans la délicatesse et le respect de l’instrument ; un rapport intime avec le piano quand il va placer vers la droite, là, juste à côté du tabouret, délicatement, juste la bonne note. Comme s’il allait chercher la dernière note, celle qui après nous avoir fait retenir notre souffle, nous fait expirer laissant alors place à un immense bonheur, un état de bien être incommensurable. La note qui pourrait nous achever tellement notre respiration est courte.
Morceau après morceau, on est époustouflé, happé dans un tourbillon de joie et de rires quand le jeu atteint son paroxysme… ce jeu fluide, d’une incroyable richesse tant harmonique que rythmique, où les notes s’enchaînent à perdre haleine, toujours maîtrisées et dans une liberté inconditionnelle.

Yasushi Nakamura à la contrebasse et Brian Sands (le frère) à la batterie assurent à Christian Sands le cadre parfait pour improviser à foison, développant une phrase puis une autre, et encore une autre, avec une virtuosité et une facilité déconcertantes.

Je comprends mieux pourquoi le veille il nous a dit : « Avant de me mettre au piano je respire profondément et je m’étire… » En effet, vu le rythme soutenu auquel il joue, on comprend pourquoi Christian se compare à un athlète de haut niveau, et pourquoi il prend autant soin de son corps, de son esprit et de son âme.

Il y a les bons pianistes. Il y a les très bons pianistes. Il y a les excellents pianistes et il y a Christian Sands qui n’a que trente deux ans et fait déjà partie des très grands.

 

Ont collaboré à cette chronique :

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