(42) LoireNon classé

13/02/2022 – David Bressat Quintet enregistre au studio des Tontons Flingueurs – Renaison (42)

Le dernier concert d’une série de cinq enregistrements en public se déroule en petit comité au studio « Les Tontons Flingueurs » situé à Renaison (42). Les tauliers François Forestier et Pascal Coquard ont aménagé pour les musiciens de tous bords un lieu chaleureux et spacieux qui a de la gueule, où une bonne trentaine d’amateurs éclairés sont venus apprécier la musique que David Bressat propose avec son quintet. L’exercice de l’enregistrement live n’est pas une première pour le groupe, qui apprécie la part de risque qu’il comporte, et les petites imperfections du direct qui resteront gravées sur l’album et lui apporteront une touche d’authenticité supplémentaire ; une bonne manière de produire du jazz bien vivant.

Accompagné de ses fidèles compagnons Aurélien Joly à la trompette et au bugle ; Eric Prost au saxophone ténor ; Florent Nisse à la contrebasse et Charles Clayette à la batterie, David Bressat s’installe derrière le piano pour une Renaissance de circonstance après les épisodes sanitaires qui nous ont empoisonné la vie au cours des derniers mois. La magie opère dès les premières notes. Le retour à la vie se fait prudemment, en douceur, sur une mélodie aérienne, enluminée par les chorus mélodieux des soufflants. Bembé nous transporte en Afrique sur un rythme chaloupé imprimé à mains nues sur les peaux et les cymbales. Particulièrement bien inspiré, Eric Prost nous livre un chorus profond et virtuose où chaque phrase pourrait être un thème à elle seule. Rayon de feu, valse ensoleillée, nous permet d’apprécier toute la musicalité de Florent Nisse à travers un chorus qui ne laisse vierge aucune parcelle de la touche. Le chorus de David Bressat est tout aussi radieux. L’énergie monte et toute l’urgence de Pitstop, composition de Florent Nisse, emplit le studio à vitesse grand V. Les vents soufflent leurs rifs pressants, les chorus sont véloces, le rythme s’envole, et tout s’imbrique avec maestria.

Le quintet enchaîne ensuite deux compositions moins allègres : Dawn, aube brumeuse, ambiance étrange et lugubre qui précède l’heure dorée du matin, et La Traversée, aux consonnances plus méditerranéennes. Pas de quoi se jeter du premier pont venu ; pour ma part, j’ai plutôt ressenti le trouble d’une promenade matutinale propice aux divagations de l’esprit, suivi d’une traversée agitée, certes, mais pas menaçante. Turn on the stars rallume les étoiles qu’en son temps Bill Evans avait si délicieusement éteintes. Après une intro syncopée, les soufflants laissent la place au trio pour prolonger le propos avec vigueur ; les harmonies du grand inspirateur sont là, et c’est l’occasion d’apprécier toute la musicalité de David Bressat, propulsé par une walking bass du feu de Dieu. C’est aussi le moment de lâcher la bride sur le cou de Charles Clayette pour un chorus aussi varié que virtuose.

Seconde composition de Florent Nisse, Hide and Seek (cache-cache) ouvre le jeu aux aérophones, pendant que Florent déroule une superbe ligne de contrebasse.

La session se termine avec Leitmotiv, où transparaissent les influences venues du nord de l’Europe.

Il ne reste plus qu’à s’armer de patience pour attendre l’arrivée dans les bacs de cet album né sous les meilleurs auspices. Au fait, personne n’a eu la curiosité de demander comment sera baptisé cet opus ?

Ont collaboré à cette chronique :

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