(26) DrômeTrain Théâtre

17/02/2022 – Daniel Mille « Chansons » au Train Théâtre de Portes-lès-Valence

On la trouvait plutôt jolie, Lily. Elle arrivait des Somalies, Lily …

Ce n’est pas si courant de commencer une chronique jazz en fredonnant une chanson de Pierre Perret. Et pourtant, j’ai cette chanson dans la tête depuis deux jours. Deux jours où reviennent les airs que Daniel Mille (accordéon, accordina) a revisités pour nous lors de cette soirée, initialement prévue en janvier et reportée à cause de ce fichu virus frappé d’amusie totale.

Nous revoilà donc, immunisés, vaccinés, mais toujours masqués à espérer retrouver la chaleur et l’émotion dégagées par la proximité des musiciens lors d’un concert.

Le programme que nous propose Daniel Mille est une balade parmi les musiques de chansons qui ont traversé sa vie. Pas de carcan, pas de style imposé, il va déambuler de la chanson française au Brésil, du jazz à la pop, de l’opéra … à Pierre Perret.

Son équipage a de l’allure : juste à côté de lui et de son piano à bretelles, Alfio Origlio, mélodiste en chef au piano. Que rêver de mieux pour la section rythmique que de s’entourer de Diégo Imbert à la contrebasse et de Zaza Désidério à la batterie ? Cerise sur le gâteau, Grégoire Korniluk ajoute la douceur et la mélancolie de son violoncelle à ce somptueux quartet. Il ne reste plus qu’à partir dans les souvenirs musicaux de Daniel Mille. Nous n’aurons que la musique, seuls les mots manqueront! Qu’importe !

Louiza, d’Antonio Carlos Jobim ouvre le bal, suivie par la sublime chanson d’Hélène, thème du film « Les choses de la vie » écrit par Philippe Sarde. On se laisse embarquer par les arrangements finement ciselés qui redonnent vie à ces belles mélodies.

Viennent ensuite des morceaux que l’on peut qualifier de standards tant ils ont marqué de leur empreinte les platines, les autoradios, les walkmans (pour les plus jeunes). La vie en rose, Estate, Avec le temps, Toulouse, La Javanaise, … Dès que les morceaux commencent les paroles nous reviennent en mémoire. Ils sont profondément ancrés dans notre culture. Je ne peux, alors, m’empêcher de me demander ce qui restera de la musique actuelle dans cinquante ans.

C’est à ce moment que Daniel Mille nous propose un mix mêlant Smile de Charlie Chaplin et Titine de Jacques Brel. Puis, répondant à la demande insistante d’Alfio Origlio, E lecevan le stelle de Puccini dont le thème est magnifiquement joué par Grégoire Korniluk. On peut tout se permettre lorsque le travail est bien fait !

Ce qui impressionne dans ce concert, c’est la retenue des musiciens pour que l’on puisse profiter à fond des mélodies. Alfio jazze dès qu’il peut et il emmène avec lui Zaza et Diégo. Grégoire incite à la mélancolie et au recueillement. Le maître reprend alors les rênes et nous ramène dans son univers.

Que de la musique, mais quelle musique ! Seuls les mots manquaient… alors pour finir ce concert Daniel Mille s’est assis sur le bord de la scène et tout le public a chanté :

On la trouvait plutôt jolie, Lily. Elle arrivait des Somalies, Lily …

Merci messieurs et merci au Train Théâtre pour cette belle soirée.

Ont collaboré à cette chronique :

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